31 décembre 2008
C'est la neuf-elle année, meilleurs voeux à tous !

Zou ba !
Alors, récapitulons.
Je ne suis pas retournée à Dashanzi. J'ai remangé du canard laqué, mais juste une fois, et pas au Made in China (qui est mon canard préféré, devant le Ya Wang, et loin devant les trop connus Da Tong et Quanjude). Je ne suis pas retournée au sport (depuis 1983). Il est pas loin d'une heure du matin et je suis toujours en train de chercher la meilleure technique pour faire rentrer 60 kilos de bagages dans deux valises et un sac (le grand de chez American Apparel ... il est bôô), et qu'ils en paraissent 20 devant le guichetier (euh ... et si je bats des cils, comme ça là ... nan ? toujours pas ? arf, c'est quoi son problème à lui ?). J'ai bien rangé mon bureau. J'ai bien rebouché les trous dans le mur, pour cela je me suis remémoré les épisodes de MacGyver, et j'ai finalement décidé que la meilleure solution était de faire un plâtre avec du pq et de la colle, ce qui m'a pris beaucoup de temps et d'énergie, ... pour rien finalement puisque la proprio n'a prêté aucune attention aux murs (et quelque part j'ai regretté, je suis assez fière de mon œuvre), et m'a rendu ma caution sans que j'ai besoin de la torturer en lui mettant la tête dans sa machine à pas laver le linge. Et je n'ai pas écrit de posts sur mes restaurants, mes endroits shopping préférés, (mais en même temps je pourrai toujours faire ça depuis Paris, parce que ce blog ne disparait pas voyez-vous, il faut bien que je me laisse quelques trucs à raconter le temps que je retourne ma blogoveste et me transforme en papillon parisien). J'ai vendu 3 affiches sur les 30 qui sont en vente, ce qui est absolument lamentable et me plonge dans une profonde dépression d'artiste incomprise (m'en fous, na). Et puis j'ai pas réussi à pas acheter la jupe de chez Very, et j'ai bien fait je crois.
Mais bon, tout ça c'est du pipi de chat. Car c'est bien impossible de fermer une valise pékinoise de 3 ans et demi. Maintenant j'en ouvre une autre, et je crois bien que celle-là aussi aura du mal à se fermer, la liste est longue de ce que j'ai envie d'y faire !
Aurevoir mon Pékin ! Et merci ! J'ai vécu chez toi tout ce que je voulais y vivre, et beaucoup plus encore ...
23 décembre 2008
L'art de la recherche
Google c'est génial. Celui qui l'a inventé est un génie. Imaginez. Vous êtes au milieu de nulle part. Tout d'un coup vous avez besoin d'un truc mais vous ne savez pas quoi.
- Hmm j'aimerais bien trouver un truc mais je sais pas quoi (ni pourquoi) !
Alors vous criez n'importe quoi, comme ça.
- "HOUHOU ! JE CHERCHE N'IMPORTE QUOI !! C'EST Où ??"
Et là, tout un tas de n'importe quoi vient d'amonceler à vos pieds. Tout un monticule de trucs et de machins, que vous n'avez plus qu'à trier pendant des heures dans l'espoir que quelque chose en ressorte, et vous mette sur le chemin de ce que vous cherchiez au départ.
Vraiment, je me sens tellement désolée pour tous ces gens qui se sont récupéré mon blog dans leur monticule de machins, après avoir crié ça, dans Google :
Pull vache
Excellente idée. Elles m'ont toujours fait de la peine les vaches en plein hiver à se recroqueviller dans les prés quand il pleut. Personne ne pense à leur mettre un pull. Y en a toujours que pour les caniches !
"mots d'excuse pour la fête du mouton"
Allergie à la laine.
"combien coute une grue a tour"
Pas plus chère qu'une tour à grue j'imagine
"cochon porc video"
Cela ne nous intéresse pas !
"pellicules du chien comment lui retirer"
Mettez-lui un pull blanc, elles se verront moins
"le fesse"
Certains l'ont plat
"manger du collagène"
Les dindes en consomment ... avant les fêtes bien sûr, ça les rend plus dodues
"lettre d'excuse pour une absence a l'ecole"
Ma tête est restée coinçée dans le porc USB de mon nordi pendant que je fésais mes devoirs ça a pris une journé à mon père de me décoincé
"comment fonctionne une grue"
Pas plus compliqué qu'une bécasse
"tu n'est pas"
Toit non plus
... oui je sais c'est nul comme post, mais il fait froid et il y du vent, deux excuses qui peuvent aussi servir pour ceux qui veulent éviter la fête du mouton.
Pour me faire pardonner, cette petite compile Stereo Total qui fait du bien par où elle passe ...
22 décembre 2008
Le compte à rebours de mon départ a commencé
Vais-je arriver à ...
faire ce qu'il me reste à faire ? à aller au moins une fois dans tous les endroits que j'aime ?
à tout faire rentrer dans mes valises ?
à récupérer ma caution sans m'énerver avec la proprio, et pour ce faire, à boucher les trois trous que j'ai faits aux murs ?
à manger encore plein de xiaolongbao au Dintaifung ?
à manger encore plein de canard laqué au Made in China ?
à ranger mon bureau ?
à retourner au sport au moins une fois avant de partir ?
à retourner à Dashanzi avant que les expos que je veux voir soient finies ?
à écrire ce post sur mes restaurants préférés que je veux faire depuis des mois ?
à écrire ce post sur mes endroits shopping préférés ?
à vendre toutes les affiches de mon expo ?
à me séparer de mon vélo ?
Mais surtout, vais-je arriver à ne pas acheter cette jupe chez Very ? 
20 décembre 2008
Les langues étranges errent

Camille à Yueping: est-ce que c’est correct cette phrase en chinois ?
“我是一个巨大的风扇“
Yueping à Camille: ça me semble un peu blizzard.
Je suis un immense ventilateur ?
Camille à Yueping: ... euh non.
Yueping à Camille: ...
Camille à Yueping: et d'abord on dit bizarre, pas blizzard
16 décembre 2008
Vernissage

Petit rappel pour les Pékinois, le vernissage de mon exposition a lieu ce soir à 19h au Café de la Poste, vous êtes tous les bienvenus !
L'argent de la première photo vendue sera reversé à l'association Madaifu, qui vient en aide aux enfants des provinces du Shaanxi, du Gansu et du Hubei. L'occasion pour vous de faire un cadeau de Noël original, tout en étant utile ! Faut pas s'en priver !
A ce soir !
Du 13 décembre 2008 au 15 février 2009
C'est où ?
Café de la Poste
58 Yonghegong Dajie,
Yonghegong
雍和宫大街58号 Beijing
10 décembre 2008
Tadaaaa

Voilà voilà, j'arrive avec quelques explications. Donc, il était une fois une Camille, qui toute petite a découvert que l'appareil photo est un instrument vachement rigolo. Réellement, je me souviens très bien de ma première photo, je ne sais plus quel âge j'avais, celui de tenir debout suffisamment longtemps tout en aggripant le Canon que mon père m'avais mis dans les mains pendant une balade en famille près de Gap. Je l'ai visé avec ce machin qui était quand même un peu lourd pour mes petits bras, et puis clic, mon père et son écharpe rouge immortalisé sur la tranche droite de la photo, j'avais simplement pas réussi à intégrer son bras gauche dans le machin. Pas plus que le haut de son crâne ni ses pieds d'ailleurs. On y était presque.
Depuis j'ai essayé d'améliorer mon cadrage et je voue une certaine passion à tenter de faire ressortir la beauté graphique qui réside dans bien de nos environnements. J'aime particulièrement déceler le graphisme qui nous entoure, j'aime le figer et en faire quelque chose de concret, d'équilibré, presque un objet aux proportions parfaites. En fait ce que j'aime dans la photographie c'est la graphie. Du coup il n'y a absolument aucun message dans mes photos, sauf ceux qu'on veut y mettre bien sûr, puisque je ne photographie pas des situations ou des personnes vers lesquelles je vais, je ne photographie pas des histoires, j'essaie d'attraper et de mettre en boîte l'émotion (photo)graphique que je ressens devant les choses. J'aime que la photo soit le début d'une l'histoire et non le reflet d'une histoire passée.
Pour cette exposition très modeste (douze photos, dont trois qui font partie d'une série), j'ai choisi les images qui me font le plus de bien quand je les regarde, pour la sérénité qu'elles dégagent, ou l'énergie qu'elles procurent. Il y a beaucoup de couleurs et peu d'humains. La plupart du temps l'humain est utilisé comme un object décoratif, ou une virgule qui équilibre l'ensemble.
Cette exposition c'est aussi pour moi l'occasion de boucler une boucle (je vous dis, j'aime les choses équilibrées). Je n'allais quand même pas dire aurevoir à Pékin uniquement en jetant un dernier coup d'oeil rempli de larmes par le hublot de l'avion !
Après mon premier séjour en Chine en 95, j'avais participé à un concours de photo que j'avais gagné, et qui m'avait non seulement permis de suivre un stage de quelques jours dans une école de photo, mais aussi d'exposer mes clichés de Chine pendant quelques jours. L'idée de clore mon deuxième séjour pékinois par une autre exposition me fait vraiment plaisir. Et je remercie d'ailleurs beaucoup le Café de la Poste de Pékin de me le permettre !
PS : j'ai fait imprimer quelques affiches (60cm x 90cm) que je vends 100RMB l'unité
09 décembre 2008
Global Times, la soirée qui fait boum
- Dis Camille t'as pas oublié hein, ce soir on a le banquet de Global Times !
- Euh ... non non bien smur, enfin bien sûr, j'ai pas oublié non (meeeeeeeerde ! c'est vrai, ce soir c'est la grande corvée soirée de Global Times)
- Camille, il te faut vraiment une secrétaire !
- (oui enfin si c'est pour me programmer et m'empêcher de râter des soirées comme le grand raout de Global Times, non merci hein)
Le mois de décembre, c'est horrible. Pas seulement parce que c'est le mois des pères Noël à barbe grise mais surtout parce que c'est le mois des dîners de fin d'année, le mois où la plupart de vos soirées sont foutues prises par des obligations plus ou moins divertissantes.
Cette année Global Times, organe de presse touristico-politico-fantastico du parti, a mis le gros paquet, histoire de nous en mettre plein la vue, et qu'on ne les oublie pas l'année prochaine. Pari gagné.
Dans un club privé sentant neuf et prétentieux (vous savez avec la petite montée en virage pour arriver à l'entrée, comme dans un château), avec son groom en cape, ganté, botté et chapeauté, une centaine de victimes d'invités triés sur le volet attendent poliment que les festivités commencent. Sur les tables, chacun est servi d'un fond de verre de vin bio chinois pour patienter. Possibilité aussi de boire du Fanta, ou du Coca. J'ai d'abord décliné le Fanta dont la couleur et les bulles me rappellent mon traitement contre la sinusite qui me faisait tant vomir quand j'étais ado, et le Coca qui m'aurait fait danser la polka à 3h du matin. J'ai donc goûté le vin bio, et ouhla ... les effets des deux premiers dans un même verre ! De l'eau, juste de l'eau s'il vous plait.
Cela faisait une heure qu'on attendait que la soirée démarre, abrutis par une bande vidéo réglée sur le volume maximum, débitant en boucle les multiples exploits de Global Times à travers le monde qui lui voue une confiance et une fidélité à toute épreuve, quand soudain l'animateur nous informa que la soirée allait commencer, toutes les victimes étant là.
Noir. Lumière sur la scène, où sont installés, des tambours chinois. Aïe. Une brochette de sept frêles jeunes filles aux cheveux lachés, costumées de rouge et de paillettes, montèrent sur la scène armées de bâtons de tambour, et se placèrent chacune derrière un instrument. Par chance, ils nous ont placées à la table juste devant la scène, à côté de l'ampli. On va pouvoir en profiter un max.
Et là mes amis, je dois faire des efforts pour me souvenir de ce qu'il s'est passé ensuite. Je me rappelle juste qu'un troupeau d'éléphants s'est littéralement rué sur moi. Ils m'ont piétinée en se tapant sur le ventre et en barissant très fort, en balançant leurs trompes à gauche à droite, fracassant les murs, j'apercevais juste mes voisines qui se tenaient la tête entre les mains, et une qui avait posé sa main sur son coeur comme pour le maintenir en place, c'est vrai que le mien valdinguait pas mal dans sa cage toracique, mes poumons et tous mes organes sautaient à l'intérieur de moi, certains semblaient remonter par la gorge. Jamais, jamais de ma vie, je n'ai ressenti un tel malaise, causé par du bruit. Les sept folles étaient littéralement en transe sur leurs tambours, elles secouaient leurs cheveux dans tous les sens, et leurs corps se contorsionnaient d'étrange manière, comme si elles aussi étaient secouées de l'intérieur. Une horreur. Et ce n'est pas tant le bruit des tambours qui était pénible, ni la vue des tambourineuses, mais bien le "fond musical" qui les accompagnait. Vous ne savez pas à quel point il est possible de monter le volume d'un ampli. Pour sûr, plusieurs d'entre nous ce soir ont perdu quelques précieux poils de tympan, ceux qui mènent le bruit jusqu'à notre cerveau. Morts, les poils, décimés.
Suivirent des discours "officiels", dont un qui évoqua le cas "Sarkozy", et sa traîtrise polonaise du weekend (en tant que représentantes de la France nous n'en menions pas large, je vous le dis. Yueping a même trouvé qu'on nous a observées de travers une ou deux fois).
Je vous passe le menu aux treize plats, les Saint Jacques qui sentent la vase, les os au gras, et le riz de la semaine dernière.
Heureusement de bonnes histoires circulent autour de la table, et font qu'au final, l'humour aidant, nous passons une bonne soirée. Comme cette employée chinoise du service culturel de l'ambassade d'Espagne qui nous racontait que pendant sa grossesse, elle était persuadée d'attendre un garçon. Et comme elle est passionnée par les voyages, et rêve de parcourir le monde, elle avait décidé d'appeler son fils Tintin, comme le célèbre reporter belge en culottes courtes, espérant ainsi tracer le destin de son fiston qui vivrait donc de grandes aventures dans le monde entier. Oui mais voilà, la nature fait bien les choses, elle a eu une fille. Le petit Tintin ne se prendra pas des cailloux dans la cour de l'école.
Je voulais lui demander en quoi une petite fille ne peut pas être aussi porteuse de rêves de voyages à travers le monde, mais j'étais trop occupée à suivre les tirages au sort, ce pour quoi les victimes sont dociles à ce genre de soirée.
Et c'est un jeune homme de 1,59m qui gagna le premier lot : un bon de 10 000 RMB (1 100 €) pour se faire tailler un costume à sa taille chez un tailleur de grand renom. Véridique ! Au moins un qui ne sera pas venu pour rien.
05 décembre 2008
Je déballe tout, et je remballe

Depuis ce matin Pékin est soufflé par des vents sibériens, autant vous dire que ce n'est pas le moment de faire sa belle à bicyclette. Ce soir je suis rentrée chez moi à vélo comme d'habitude, et j'ai sérieusement envisagé de mettre au placard cette manie pékinoise et mon joli petit vélo électrique au garage. Le deux roues branché sur batterie c'est super en climat tempéré, mais par les temps qui courent, c'est un peu comme si on vous oubliait dans le réfrigérateur pendant la nuit. C'est juste impossible. Votre visage gèle avec la vitesse et vos yeux pleurent tout en se fossilisant dans leurs orbites, croyez-moi c'est très désagréable. Surtout si vous faites votre belle en mini jupette et que vous avez laissé votre doudoune dans la penderie (pour voir).
Donc autant rester au chaud, et bloguer au coin d'une soupe. Du coup vous avez votre troisième post en cinq jours, quand je vous avais plutôt habitués à trois posts en trois mois ces derniers temps ...
Alors, est-ce que je "renais", comme dit Vlad dans un de ses derniers commentaires ? Une chose est sûre, j'ai lâché du lest sur certaines choses. Je rentre moins tard le soir, et quand je rentre chez moi, me connecter à ma messagerie pro ne fait plus partie des premières choses que je fais.
Un peu plus de temps, un peu plus d'inspiration ? Peut-être que simplement j'ai envie de donner à ce blog une fin honorable. Camillenchine, c'est bientôt fini. Ça ne pouvait pas durer toujours ! Pas comme ça en tout cas. Alors voilà, dans quelques semaines, ce blog va un peu changer, parce que géographiquement, je ne serai plus à Pékin, ni même en Chine. Ce qu'il deviendra, je n'en sais rien, je n'ai pas encore décidé. Nous verrons bien !
En attendant, couvrez-vous, il fait froid !
Edito: au fait, les fringues ici représentées viennent de Very, et de b + ab (pour le blouson noir)
03 décembre 2008
On n'est pas à l'armée

L'autre jour, découverte d'un magasin vert. Rien de bio dans cet espace dédié à l'uniforme. Attention, il est préférable de laisser son premier degré à l'extérieur avant d'y entrer, et de savoir où placer la limite. Car le magasin de l'Armée Populaire de Libération vend tout.
C'est ici que vous trouverez le vrai chapeau de Lei Feng, ou le fameux dayi (manteau) vert très chaud pour l'hiver, ou bien l'écusson en tissu marqué baoan, cousu sur l'uniforme kaki des petits gardiens d'immeubles, mineurs pour la plupart, personnages omniprésents et silencieux de notre vie pékinoise, et ô combien emblématiques ... Des bottes rembourrées, des boussoles, des montres, et tout un tas de bric-à-brac kitsch communiste. Cela dit en cherchant bien, on peut y dénicher des trucs rigolos et détournables,
comme l'inénarrable tasse en métal, couleur camouflage (9 RMB).
J'ai retenu aussi les petites baskets camouflage tout à fait inoffensives, et un grand sac en toile qui sera parfait pour le linge sale ... avec sa tête de Mao imprimée dessus.
C'est où ?
Beijing 3501 Clothing Factory
(Croisement Changyang beilu et le troisième périf, côté nord de la rue, en allant vers l'ouest, vers la gare de bus de Landao)
Tél : 6585 9312
