MarianaRamosLa semaine dernière, je suis allée au pire concert de toute ma vie. Mariana Ramos, la nouvelle voix du Cap-Vert, se produisait à l'Alhambra, une salle près de la place de la République. C'était le 29 janvier. Le fameux "jeudi noir", où des millions de Français sont descendus dans la rue.

En ces températures fort basses, nous nous étions dit qu'un peu de chaleur venue d'Afrique ne serait pas hors sujet.

Salle comble. Nous attendons une petite heure que la belle arrive, les messieurs qui avaient volontiers suivi leurs madames, - convaincus certainement, même si aucun de l'aura bien évidemment reconnu, par la photo du flyer, écoutent d'une oreille polie mais distraite ce que leur racontent leurs voisines, leur attention étant toute captive de la scène.

Vers 21h, Mariana Ramos entre en scène, toute moulée dans un ensemble fluide couleur caramel, toute souriante, toute surprise de "nous voir si nombreux en un jour si chaotique". Elle ne croyait pas si bien dire. Sauf que contrairement à ce qu'elle pensait, le chaos n'était pas derrière nous ce jour-là, mais bien devant.

Ce n'est pas le premier morceau qui m'a mis la puce à l'oreille, qui m'a fait comprendre que ce concert ne serait pas un moment de plaisir, mais bien une torture. Toute droite au centre de la scène, son timbre chaleureux nous a dans un premier temps enveloppés dans une poésie toute tranquille, et je me suis sentie presque deçue de ne pas la voir, l'entendre, dès le premier morceau, nous emporter dans les rythmes chaloupés et si joyeux comme peuvent l'être ceux du Cap-Vert. Mais ce n'était que stratégie, que partie d'échauffement, pour nous, mais surtout pour elle.

Et puis voilà. Après, c'est juste insupportable. Quelques premiers morceaux rythmés et paf, le soleil est entré dans la salle. Elle sort se changer, pendant qu'un chanteur invité prend le relai, elle revient perchée sur des sandales compensées, des "WHOUAAAA" s'envolent tels des toucans sortis d'une jungle, ondulant dans une jupe fendue jusqu'à la hanche, et entreprend de nous faire une démonstration de ce qu'elle a appris de ses "petites copines sénégalaises", et comment dire ... ben juste WOW !

D'autres invités sont montés sur scène pour faire la fête avec Mariana, Touré Kunda entre autres, et deux danseuses qui ont du convertir toute l'assemblée à se mettre de toute urgence à la danse africaine, comme solution pour surmonter la crise, des amis chanteurs, des amis musiciens, sa nièce dans les choeurs, au terme du spectacle c'est toute une famille qui se forme sur la petite scène de l'Alhambra. Notre voisin de gauche est en larmes, celui de droite est amoureux.   

Pour sûr, deux heures de fête, de rythme, de joie totale, de belle musique, de belles personnes, de poésie, de voyage, de déhanchés ... ALORS ORGANISER UN TEL CONCERT DANS UNE SALLE OU TOUT LE MONDE EST ASSIS C'EST SIMPLEMENT INHUMAIN !! S'ils avaient voulu nous apprendre le sens du mot "frustration" ils ne s'y seraient pas pris autrement. Et pourquoi pas nous attacher aux sièges tant que vous y êtes ?? bouhhh.

Ecouter et connaître les prochains concerts de Mariana Ramos (le prochain à Paris est le 12 février ! après elle part dans toute la France), c'est par ici ! Allez-y ! c'est horrible !