07 novembre 2008
Aishiteiru Tokyo

Mais non je n'ai pas disparu une fois encore. J'étais juste ... ailleurs. 4 jours à Tokyo, en amoureux. Juste ce qu'il faut pour se prendre une grosse claque. Tokyo. Avant je pensais que c'était Hong Kong la ville la plus extraordinaire d'Asie. Mais en fait non, pas du tout. C'est Tokyo.
C'est bien simple, maintenant je songe sérieusement à me mettre au japonais, à repeindre mes murs aux couleurs de Muji (gris, bleu, marron), remplir mon frigo d'algues et de poissons, installer sur mes toilettes un superbe dispositif électronique permettant de chauffer la lunette, désodoriser la cuvette et de rincer mon postérieur au moyen de jets savants que l'on déclenche en appuyant sur des boutons (certains de ces dispositifs, qui nous renvoient au passage une image de sous-développés des lieux d'aisance, ont même une fonction(nalité) "sèche-fesses", le petit frère du sèche-cheveux ... pour sûr, les Japonais sont les talibans de l'hygiène postérieurale, de l'hygiène tout court, et pour sûr ils doivent nous prendre pour des vikings sortis des cavernes avec nos WC uniquement équipés de vulgaires chasses d'eau), enfin je reprends ... cacher mes dents avec ma main dès que je rigole (euh non pas ça, j'ai de belles dents, m'enfin !), parler tout bas et à toute vitesse en faisant plein de courbettes que mon interlocuteur me renverrait et ça n'en finirait jamais, manger mon bol de udon assise sur mes genoux, par mini bouchées composées de deux grains de riz et 2cm de long de poisson et ça n'en finirait jamais, me relever sur mes jambes arquées et puis le soir ... tout lâcher.
Mettre les collants résille les plus grillés que j'ai (c'est à dire qu'il faudra que je les fabrique, je vous rassure), mettre une perruque rose, passer des heures à choisir mes fringues pour être encore plus différente que mes copines déjà super lookées et ... différentes, tout simplement, passer la soirée avec elles dans les rues de Shinjuku à perdre des pièces de 100 yen dans les salles de jeux pour essayer de gagner des peluches Hello Kitty ou des barres chocolatées, battre le pavé sous la lumière de milliers de néons verticaux multicolores, du haut de mes talons de tueuse.
Tokyo n'est pas une ville, c'est une page de bande-dessinée. Chaque bulle vous plonge dans un monde à part, en une journée vous traversez mille contrastes. Les sens humains ne sont pas assez développés pour pouvoir en profiter. On n'a pas assez d'yeux, de nez, le cou tourne pas assez, on est limité.
Et surtout ce qui frappe, c'est le silence. Le silence des trottoirs bondés de monde, silence brisé par le capharnaüm des salles de jeux (y entrer c'est mettre un pied en enfer), silence dans lequel on attend religieusement que le feu piéton passe au vert pour traverser, pas un pied qui dépasse sur la chaussée, même si la rue est déserte et qu'aucune voiture n'est visible, le silence de la discipline, l'art de présenter les choses, le rayon alimentation du magasin Isetan (y entrer c'est mettre un pied au paradis), la monochromie des façades, le fouillis des couleurs de tout ce qui les complète, les remplie, la fluidité de la circulation, l'absence de blocage, le calme, les vélos qui étincellent, les taxis qui reluisent, le poisson le plus frais de l'univers, partout, du poisson ... Aah, Tokyo ! Aishiteiru !
Mon petit guide
Apprendre à faire des sushis
... des makis comme à Kimitsu
Découvrir Tokyo dans les yeux d'un photographe infographiste
Lire PingMag, le magazine en ligne des designers et des gens qui font des trucs,
et bien sûr re re voir Lost in Translation, écouter sa bo ...

16 mars 2007
Mes relations japonaises
Auzourd'hui, z'ai passé toute ma zournée à téléphoner au Zapon.
Il m'en reste visiblement une certaine difficulté à prononcer les j et les g correctement (oooooh c'est facile de se moquer pff), mais surtout une étude comparative intéressante sur l'accueil téléphonique des Japonais (enfin des quelques Japonais que j'ai appelés hein, pas tous les Japonais). Dans Japonais, je comprends Tokyoïtes, standard de l'ambassade française inclus.
Moshi Moshi ! C'est parti !
Alors-euh ... tiptiptip tip tip tip tiptiptip tiptiptiptip tiptiptip tip... ah ... et tiptip! (Faut tout plein de chiffres pour appeler l'étranger dans ma boîte)
- 東京の日本の名前は私の名前である何私用クラブへの歓迎は私することができる何があなたのためにYukiであるかmoshimoshi lalalayoupi!
- (hmpf) Good morning! Do you speak english (help)?
- ... hiiiiii ... uhh ... nope
- ... Bon, et ... is there anybody around you who can speak english with me?
- klong!
Bon, premier raccrochage au nez, hum, je ne désespère pas ... tiptiptip tip tip
- 東京の日本の名前は私の名前である何公園の私用大邸宅への歓迎は私することができる何があなたのためにYumiであるかmoshimoshi lalalayoupi!
- Good morning! do you speak english?
- ... hiiiiii ... uhh ... y ... ye ... yes ... a lipple
- Ok, great! I would like to know if it is possible to rent the place for an event?
- ...
- allooo?
- ... uhh ... y ... ye ... yes ... what you say? spik slovely pliz (help)
Bon, là j'ai compris assez rapidement qu'il faut être très gentil avec les Japonais qui ne sont pas à l'aise en anglais, sinon ils disparaissent dans leurs chaussettes à deux doigts. On m'avait déjà expliqué qu'avec les Japonais il faut prendre son temps. Et c'est effectivement comme ça que les choses se déroulaient le mieux. Parler lentement, bien expliquer calmement, avec toute la délicatesse et l'attention qu'un bonzaï requiert. C'est vrai quoi, y a pas le feu au mont Fuji.
J'ai eu droit à quelques petits gémissements plaintifs, je sentais vraiment la détresse à l'autre bout du fil. Bien sûr j'ai eu aussi beaucoup d'interlocuteurs qui parlaient plus que très bien anglais (la majorité même), et surtout que des interlocuteurs extrêmement aimables et coopérants. Et une réponse toujours parfaite. Si on dit précisément ce qu'on veut, tout est pris en note et répété mot pour mot, et on reçoit exactement ce qu'on a demandé.
Et puis, quelques appels aux services administratifs français, où le but de l'exercice téléphonique semble consister grosso mojo euh ... modo, à un jeu de balle, c'est-à-dire, avant de savoir si je peux répondre, chercher comment je peux me débarrasser de cet appel de zut ...
- 東京の日本のフランス大使館のオフィスへの歓迎は私の名前私することができる何があなたのためにYokoであるかmoshimoshi ambassade de France au Zapon bonzouuur !
- Bonjour! je cherche à contacter un endroit dans Tokyo où nous voulons organiser un événement mais je ne trouve pas ses coordonnées sur internet, pouvez-vous m'aider ?
- Euh ... vous avez pensé à contacter la mission économique ?
- Oui
- et la chambre de commerce, vous les avez appelés ?
- Oui
- le service culturel ?
- euh oui
- les pages jaunes ? la mairie ? votre mère ? et le pape hein, vous y avez pensé au pape ?
- oui, oui oui oui. oui.
- Bon. Alors. Que puis-ze faile pour vous ?
- Euh. En fait je cherche les coordonnées d'un endroit, un club, et je trouve pas sur internet, j'ai pensé que vous auriez peut-être un annuaire ...
- Mais ça concerne quel secteur ? quel service ? parce que vous comprenez, ici il y a plein de services et de secteurs, plein de gens à qui je peux balancer ... euh, transférer votre appel, faut être plus précis.
- euh, ben la restauration, le tourisme ...
- ah voilà. Vous avez appelé l'office du tourisme ?
- écoutez, j'ai même appelé des sumos, leurs copines geishas et le restaurant de sushis en face de chez moi, je vous garantis que vous êtes mon dernier recours en matière de nipponerie.
- Bon. Un instant s'il vous plait, je vous transfèle à un autre service.
- mais. aaaaaaaaah mais-euh
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