Blog forever
Pendant
que les bloggers de Pékin et de Shanghaï se retrouvent pour trinquer et
refaire le monde, de l'autre côté de la Terre, en Californie,
des bloggueuses se regroupent pour parler de ... blogs.
BlogHer, Where the women bloggers are.
Hum,
bon. Déjà, rien que le titre m'énerve. Quand des bloggueuses
américaines décident que c'est là que ça se passe et pas ailleurs. Ce
qui m'agace aussi, c'est le côté exclusif de leur affaire, où les
hommes n'ont pas le droit d'entrer. Pour une fois que l'Homme a créé un espace sans
portes et sans barrières, elles ont été fichues d'en mettre.
Pourquoi je parle de BlogHer ? Parce qu'hier était le dernier jour de leur conférence internachionole, au Hyatt de San Jose tout de même (mouais, le Drum and Bell de Pékin est tout aussi bien), dont le thème était : How are your blog changing your world?
Qu'est-ce-que le blog change dans votre vie ?
Le phénomène blog
Au
sens large, j'ai l'impression que le blog a fait une entrée aussi fulgurante que marquante
dans la vie des internautes. Qu'il se taille la
part du lion dans notre espace virtuel. Lire des
blogs est devenu aussi commun que lire un magazine. Tenir un blog est
si facile que des millions de rédacteurs se déclarent chaque jour.
Alors quoi ? Nous découvrons l'écriture ? Nous avons tant de choses
à
dire ? Pourquoi ce besoin soudain de publier nos pensées, notre vie,
nos humeurs ? C'est au sens large, ma grande question. Je n'arrive pas
à me
souvenir comment nous faisions avant le blog pour parler de nous, de
même que je ne me souviens pas de quoi avait l'air ma vie sociale avant
le téléphone portable. Est-ce le blog qui a créé le besoin d'écrire et
de partager, ou l'inverse ? Ou est-ce simplement un nouveau jouet qui nous amuse (parce que oui c'est amusant de tenir un blog) dont nous allons prochainement nous lasser ? Tout ce dont je me souviens, c'est la
première
fois que j'ai entendu le mot blog (en 2004), et que je n'avais pas la
moindre idée de ce que cela pouvait bien être, et pourtant Internet
était mon travail depuis quatre ans déjà.
Et puis, les symptômes d'une blogodépendance ont fait surface ...
Moi et mon blog
Comme beaucoup de gens j'ai travaillé dans une start-up en 2000, et comme
beaucoup de gens j'ai commencé à blogger en 2005 (juin). Une façon de donner des nouvelles régulières et
illustrées à mes proches. Et puis, le réseau mondial étant ce
qu'il est, mondial, des lecteurs inconnus se sont ajoutés à ma petite famille,
et ont transformé mon blog.
Aujourd'hui, que je sois atteinte de bloggorrhée (diffusion fréquente de billets, comme ces jours-ci) ou de blogostipation (inutile
de traduire!) j'ai chaque jour une blogotâche à
accomplir. Répondre aux commentaires, rédiger un billet, lire les
statistiques ... Je m'auto-emploie au boulot de bloggueuse, et
j'adore ça. Dommage qu'on ne soit pas payé pour blogger ! En vérité,
certains le sont, comme elle.
Blogger est
une activité que l'on fait uniquement par plaisir. Sans plaisir,
point de blog. Si l'envie d'écrire ne se fait pas sentir, on passe.
Blogger est une activité solitaire
... ou non. Bien sûr on écrit ses billets tout seul dans son coin, et
on peut même choisir le parfait anonymat. Mais un blog s'inscrit
immanquablement dans une blogoboule (c'est plus mignon que blogosphère je trouve). Liens dans la blogroll (liste
des blogs préférés), lecteurs et auteurs assidus de commentaires ... tout ce petit
monde éparpillé sur la planète porte le blog. Le fait vivre. Sans
blogoboule, point de blog. Autant écrire ses mémoires sur un journal en
papier et le lire dans le désert.
Ce que j'aime dans le blog.
C'est qu'il est à moi. C'est moi qui l'ai fait, et c'est moi qui décide
de son devenir. C'est quelque chose que je maîtrise de A à Z. Je suis
ultra-possessive de mon blog.
J'aime qu'il soit lu et animé par d'autres personnes. Les commentaires sont au blog, ce que les
épinards sont à Popeye. De l'huile dans le moteur. Un post sans
commentaires, est un post triste, quelle que soit sa qualité.
Qu'il me fasse rencontrer plein de gens (en vrai ou virtuellement). Il
élargit mon cercle social, et de ce fait, ma vie est encore plus remplie qu'avant.
Qu'il contienne ce que j'aime, des photos, des vidéos, des souvenirs. Il
me permet de ranger mes choses, mes idées. Le blog c'est rassurant.
Ce que je n'aime pas dans le blog.
Il n'est pas si libre que ça. Je n'aime pas les
limites de son système d'administration (et pourtant Canalblog est
vraiment pratique globalement). Et puis, on ne peut pas tout dire sur un
blog.
Je
n'aime pas devoir faire appel à des logiciels extérieurs pour diffuser
mes vidéos, mais je suis bien obligée de le faire, d'ailleurs, big news, ça y est, toutes mes vidéos sont visionnables directement sur le blog, plus besoin de télécharger !
Je n'aime pas les fautes d'orthographe, et pourtant j'en fais.
A part ça, j'ai beau chercher,
je ne vois pas.
Bref,
vous l'aurez compris, je suis complètement blogaddict. Et encore, je ne
vous ai pas parlé du plaisir de lire mes blogs préférés, et de
déambuler ... de blogs en blogs.
Pour conclure et répondre à la question des BlogHer, quelques changements depuis mon blog :
C'est indéniable, je passe beaucoup de temps sur Internet.
J'écris plus qu'avant et je me suis découvert une passion pour la vidéo et le montage.
A Pékin, j'ai élargi mon cercle d'amis dont certains je l'espère, resteront des amis en France.
En gros, le blog change mon monde dans le sens où il le rend plus vaste et plus ouvert aux autres.
Et vous ? quel est votre degré de blogdépendance ?
A lire sur le sujet : étude du blogue