Camillenchine, le blog d'une française à Pékin

Blog de Camille en Chine, la vie d'une française à Pékin - French blog in Beijing

29 janvier 2008

Oops, j'l'ai encore fait

elevator5Vous. Oui, vous qui rêvez de venir vivre en Chine. Avez-vous vraiment étudié toutes les conséquences d'un tel saut, si vous le faisiez ? Une bonne âme vous a-t-elle averti des risques que vous prendriez en vous installant ici ?

Bon, si vous avez lu ce blog récemment vous êtes conscient des risques d'enfuwawatage et autre intoxication peluchère, mais ne sous-estimez pas non plus le pouvoir des divers TOCS chinois que même nous, pauvres étrangers barbotant dans le chaos pékinois, adoptons dans notre gestuelle insconciente ... à l'insu de notre plein gré donc. Grattage d'oreille, hurlage dans le téléphone portable, balançage de porte dans la tête du pauvre innocent derrière nous, squizzage dans les files d'attente, sifflotage de canto pop, usage du mot "laowai" pour désigner toute personne non chinoise ... et autres joyeusetés locales.

En vraie working girl depuis quelques mois, ma consommation d'ascenseur a pris de la hauteur pour atteindre un record de 114 étages gravis au minimum chaque jour, quand je ne fais qu'une sortie déjeuner le midi (car l'estomac se chinoïse également, et je m'autorise parfois, un goûter). Autant vous dire que l'ascenseur, l'elevator, le dianti 电梯, est devenu pour moi, un véritable ami.

L'ascenseur, c'est celui qu'on est content quand il est là. Ouvert, prêt à vous emmener où vous voulez. C'est celui qu'on attend impatiemment, qui nous manque quand il est loin. C'est celui qu'on n'aime pas partager. C'est le dernier qui nous voit avant qu'on commence la journée de boulot, celui où on vérifie une dernière fois qu'on a pas mis devant derrière, celui où on gémit, piaffe, selon l'humeur, bref, l'ascenseur, c'est le témoin de nos débuts et fins de journée. Ils en savent des choses !

Et de découvrir qu'ici en Chine, l'ascenseur a en fait ... un point G. Oui. Et même non, pas un point G, mais deux. Deux boutons hyper excitant, qu'on peut pas s'empêcher d'appuyer dessus dès qu'on a un orteil dans l'espace clos, avant même que les portes ne se ferment. C'est plus fort que nous. Parce qu'ici, c'est bien ça le top du plaisir dans l'ascenseur : appuyer sur les boutons de fermeture et d'ouverture des portes. Au cas où les portes oublieraient de s'ouvrir et de se fermer. On a déjà vu des gens mourir coincés dans un ascenseur ouvert au rez de chaussée, d'avoir trop attendu que les portes se ferment. Alors non, pas nous. Dès qu'on a les pieds dans l'ascenseur, on perd tous, sans exception, 30 ans d'âge, on veut tous être celui qui appuiera le premier sur le bouton. Gnnniiiiii, YES ! je l'ai eu, lalalÂÂ ! Le top du top de l'extase étant d'arriver à fermer les portes au nez de quelqu'un qui arrivait en courant pour entrer dans l'ascenseur. Trop bon.

Vous verrez, après quelques mois de vie chinoise, vous regarderez votre ascenseur différemment ...

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03 octobre 2007

Tu seras pour moi, unique au monde

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Hier, s'est tenu au parc Honglingjin 红领巾公园, le Beijing Twins Day, le festival des jumeaux (双胞胎). Journée de fête consacrée à tous ceux qui sont nés en double, voire en triple. C'est la quatrième année que ce petit parc de l'est de Pékin, qui porte le nom du foulard rouge des petits gardes rouges de la Révolution culturelle, consacre un jour à ces heureuses fratries. Le soleil était de plomb, et l'ambiance joyeuse et festive, comme elle l'est souvent dans les parcs pékinois.
Des jeux de kermesse étaient organisés pour les enfants, et les jumeaux dotés de talents de chanteurs ou de danseurs ont offert un show sur une petite scène chauffée par deux animateurs ... jumeaux.

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Fierté des parents venus montrer leur progéniture, attroupement autour des double landaus, des enfants habillés à l'identique, des adultes ou même des personnes âgées ... chacun est venu partager ses expériences. Comme Ma Xing et Ma Lin, 21 ans qui ne se sont jamais séparées, s'habillent tous les jours pareil, ont suivi les mêmes études, et travaillent ensemble dans la même banque à Financial Street. A la maternité, leurs parents ont fait comme la plupart des parents de jumeaux*, ils ont accentué la jumellité en choisissant un caractère identique dans les deux prénoms, une originalité que la langue chinoise permet.

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Les Chinois adorent les enfants mais n'ont le droit d'en avoir qu'un seul. L'arrivée de jumeaux est donc une chance, car elle permet d'avoir une famille élargie sans culpabiliser.

Et vous, vous avez un jumeau ?

* Me suis trompé sur ceci, voir le commentaire de Jun plus bas.

Voir aussi la vidéo d'Aujourd'hui la Chine.

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01 juillet 2007

Yaning et Sabrina, perles de Qingdao

audreyYaning est une jeune chinoise originaire du Ningxia qui a émigré dans le Shandong. A Qingdao plus précisément, ville qu'elle adore et qu'elle ne veut plus quitter. Qingdao la côtière de cinq millions d'habitants, berceau de la fameuse bière Tsingtao créée par les Allemands pendant la première moitié du 20ème siècle ... Qingdao et ses maisons issues d'un passé germanique, ses plages, coquillages et crustacés, sa population coréenne, sa Riviera qui accueillera en août 2008 les épreuves nautiques des Jeux Olympiques. Qingdao et ses mélanges. Ses inspirations.

Inspirée, Yaning le fut très fortement par Audrey Hepburn, et son personnage Sabrina, dans le film du même nom.
Si comme moi vous n'avez pas vu ce film, je vous épargne le zapping sur imdb.com et vous la fais courte. Sabrina est fille de chauffeur, éprise d'un des fils du patron de son père, mais pas le bon. Celui qui "ne sait même pas qu'elle existe", le mauvais garçon pas sérieux. Alors que l'autre, sérieux et gentil, est amoureux d'elle. Sabrina part en France, à Paris, pendant un an pour parfaire son éducation, et revient transformée, élégante et distinguée (ça c'est Paris !). Et ce qui devait arriver arriva, le goujat tombe amoureux d'elle, mais Sabrina n'en a plus rien à faire, à présent toute flageollante pour l'autre.

Sabrina revenue transformée, a imprimé dans le coeur de Yaning une déclaration dont elle a fait sa phrase fétiche. "America is my country, Paris is my hometown!".

"Ningxia is my province, Qingdao is my hometown!", me dit-elle alors que nous nous promenions sur la Riviera des Jeux Olymiques, disparue sous un épais brouillard.

Ce fut comme une révélation de son vrai elle. Tellement, qu'elle a changé beaucoup de choses dans sa vie. A commencer par son prénom. De Zhongming 钟鸣, elle est devenue Yaning 雅宁. Et depuis, elle voit "la vie à travers des lunettes roses".

"Ah oui" je réponds, "comme dans la chanson, tu sais La vie en rose d'Edith Piaf ?". Et je me mets à lui fredonner l'air. Succès immédiat. C'est à ce moment-là que je suis devenue je crois, "sa meilleure amie étrangère". Un peu plus tard elle m'avouera que je suis la première étrangère à qui elle parle, car elle est généralement trop timide et peu sûre d'elle pour aborder ces individus venus de très loin.

Dans les émotions de ses confessions, Yaning a perdu son gilet sur le quai. Rose. Son préféré. Une catastrophe. Pendant de longues minutes nous avons cherché partout, questionnant toutes les personnes que nous croisions, même à 200 mètres.

"OUHOUH TOI LA-BAS ! OUI TOI LA-BAS, T'AS PAS VU UN GILET ROSE ?" Toute la Riviera au courant qu'un gilet rose a disparu dans le brouillard. En vain. Alors je tente un réconfort plein de sagesse confucéenne.

"Tu sais Yaning, on peut pas tout avoir dans la vie. Tu as gagné une meilleure amie étrangère. En échange, tu dois laisser ton gilet rose."

"C'est vrai. Et puis les choses c'est pas comme les hommes, ça se remplace."

A Qingdao, j'ai pas mangé de coquillages, mais je suis quand même tombée sur une perle.


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08 juin 2007

这是什么活动 ?

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Aujourd'hui, c'est toi public qui écrit l'histoire !
De quoi s'agit-il ? C'était aujourd'hui.

Edito du 12 juin : Réponse !
Alors, je confirme, la personne à droite sur la première photo est bien un homme. Eheh. C'est marrant, je ne  pensais pas que ce point porterait à confusion ...

Pas mal joué Stéphane, mais il ne s'agit pas de l'élection d'une nouvelle star, même si effectivement notre animatrice sur la gauche de la première photo n'a rien à envier au jury implacable de la Starac ! 
Je félicite l'imagination toujours débordante de Vince ... (dis donc, tu n'aurais pas un deuxième métier de scénariste toi ? entre deux dissections de placodermes, hmm ?)
Merci Frankie ! mais non, c'est pas moi la miss China 2007 ! et il ne s'agit pas d'élection de miss ...
Pas mal essayé François, mais non, pas d'élection de Super vendeuse du mois non plus !
Merci Nastascia pour le lien vers ton site, félicitations et longue vie à ton blog :)
Anne, c'est pas mal, mais non, pas de concours de styliste non plus !
M'barek, y a un peu de ça, mais non, c'est pas la zhongguo star ;)
Pekinoscope, tiens c'est une idée ! mais non, pas d'opération promotionnelle pour un produit blanchissant ce jour-là, cela dit tu as repéré l'endroit !

affiche1Alors nous avons une gagnante, elle n'est pas Pékinoise, mais elle est amoureuse, et a repéré le petit coeur sur la photo de droite, indice subliminal qui avait pour vocation de vous mettre sur la voie. Elodie, bravo, il s'agit effectivement d'un concours pour amoureux, ou plutôt pour futurs amoureux. Sponsorisé par China Mobile et sa promo sur lesaffiche2 cartes de téléphone à 50 rmb, ce concours qui a effectivement eu lieu à Jianwai Soho, récompensait le meilleur amant et la meilleure amante, pour leurs qualités de chanteurs (ben quoi les paons font bien la roue avant de, enfin bref...) l'histoire ne dit la suite, je vous vois venir. La pub est illustrée par les photos d'un film dont les héros sont des amants.
Donc je résume, un concours dont le but est de former un couple, avec une fille et un garçon qui chantent moins mal que les autres ! Comme je devais aller travailler je ne connais pas les gagnants, mais la numéro 8 avait toutes ses chances ! Bravo Elodie !
(cliquez sur les photos pour zoomer)

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22 mai 2007

La bourde du mardi

XidanPub9Les Chinoises et nous, on n'a pas les mêmes critères de beauté. Et c'est normal me direz-vous, on n'est pas pareilles. Pas les mêmes cheveux, pas la même couleur de peau, ni la même couleur des yeux. Pas le même nez, ni la même taille, pas les mêmes fesses ni les mêmes seins, leurs pieds sont plus jolis, mais nos yeux sont plus grands, leur peau est hâlée et ça les énerve, la notre l'est pas assez et c'est pire ... alors que voulez-vous, nos aspirations physiques sont contraires, nous autres blanches ne rêvons que d'une chose, avoir les mêmes atouts que les filles au teint mat, et vice versa. C'est la vie !

J'ai touché du doigt cette asymétrie des idéaux il y a quelques jours avec deux de mes collègues chinoises.
Retour de vacances de Wuyi (1er mai).

- Moi, pieds dans le plat : wouaa, t'as une mine superbe ! tu es allée au soleil ? tu es toute bronzée, ça te va très bien !
- Elle, paniquée : euh ... ah ... ah bon ?
- Moi, grand moment de solitude : Enfin je veux dire, tu as vraiment bonne mine quoi ... tu étais dans le sud ? Tu sais à Paris, les filles qui rentrent bronzées de vacances sont haïes pendant des jours par leurs collègues blanches comme des bidets et qui ne pensent qu'à une chose, leur mettre la tête dans la broyeuse à papier ! Bon, maintenant je vais me pendre avec la souris de mon ordinateur ok ? (eh meeeeerde, je suis trop conne, ne jamais, jamais dire à une Chinoise qu'elle est bronzée et que ça lui va bien, même si c'est vrai. Ici c'est le blanc la couleur de la beauté ! je n'arrive toujours pas à comprendre comment après plus d'un an et demi de Chine je fais encore ce type de bourde)

Mais heureusement, je ne suis pas la seule à en faire, des bourdes.

- Une autre : wouaaou, t'as encore maigri, super !
- Moi : euh ... (crispation du menton annonçant une crise de larmes imminente et durable). Merci. Mais en fait tu sais, ça me fout ma journée en l'air quand on me dit ça, je suis en plein régime grossissant (snif).
- Elle : eheh, oui je sais ! mais ça te va super bien de maigrir tu sais !
- Moi : génial, oui génial.

A moins que le problème soit que nous sommes tellement pareilles, qu'on en oublie que nous sommes différentes ? ou bien ?

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08 novembre 2006

Discussion autour d'un chocolat

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Hier après-midi j'avais de nouveau rendez-vous avec Jason, mon interviewer pour CCTV. On a fait une pause dans un bar de Nanluoguxiang (la dernière hutong à la mode) tenu par un mongol, où on a poursuivi notre discussion sur les différences culturelles entre Chinois et Occidentaux, autour d'un chocolat (dont la vue, je suis sûre, vous réchauffera.

- C'est quoi pour toi la plus grosse différence entre la mentalité chinoise et la mentalité occidentale ?
- ... l'individualisme. Ici en Chine, on ne prend pas de décision en pensant uniquement à soi. On agit dans le but de faire plaisir à sa famille, à ses proches. Vous en Occident, vous êtes très individualistes. Tu vois ce que je veux dire ?
- ... hum, oui, je vois ! Et j'en suis un bon exemple, pas vrai ?! Mais tu ne penses pas que vous allez bientôt y venir vous aussi, à l'égoïsme et au "tout pour moi" ?
- ... peut-être, je ne sais pas. Possible.


- et comment ça se passe ici, entre les filles et les garçons ?
- C'est pas facile !
Pour plaire à une fille, ça ne suffit pas d'être mignon, d'avoir du talent, d'être gentil ... Ici une fille va surtout chercher un gars riche, qui a un appartement, une voiture, qui aura les moyens de s'occuper du foyer, sans qu'elle ait besoin de travailler dur elle aussi. Du coup les garçons se sentent très en insécurité, car ils ne savent pas si leur copine ne va pas les lâcher pour un plus riche. Quand elles choisissent un garçon, elles pensent d'abord à leur avenir.
Et chez vous c'est comment ?
- Ouhla. Différent. Chez nous c'est la crise de la trentaine qui rend les choses difficiles ! On se pose beaucoup de questions, on hésite beaucoup à s'engager. Chacun est très attaché à son petit bonheur. Et puis les garçons ont un peu peur des filles trop indépendantes, ils n'osent pas les approcher. Et le problème c'est qu'elles le sont de plus en plus, même si d'un autre côté, elles croient encore au prince charmant et au grand amour, et qu'elles attendent qu'on vienne les chercher.

Au moins, ce qu'on a en commun, c'est la contradiction, n'est-il pas ?

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19 octobre 2006

Monsieur le réparateur de vélos

Petit relâchement ces jours-ci, oui mais grand chambardement ! D'abord j'ai plus de boulot qu'avant puisque depuis peu je collabore au contenu du site aujourdhuilachine.com ... ensuite j'ai deux zigotos d'amis en vacances chez moi, c'est du travail ! Non, c'est surtout beaucoup de rigoulades. Dès le premier jour, je les ai mis sur des vélos, et zou, les voilà pédalant gaiement dans les rues de Pékin. Ils se débrouillent comme des chefs, j'ai juste du leur apprendre quelques basiques de mandarin, que Rachel retranscrit dans une phonétique qu'elle seule comprend : "pou" (pour dire "non"), "madame" (pour "addition", en réalité ça se prononce "maidan"), "sane gueu poulade" (pour dire "donnez-m'en trois, pas épicés"), "doubitchou" (excusez-moi), et j'en passe et des meilleures ...

reparateurveloEn parlant de vélo, je ne vous ai pas encore présenté un des personnages qui peuplent mon univers pékinois, Monsieur le réparateur de vélos. Installé sur le trottoir avec sa petite carriole remplie d'outils et d'accessoires, je le consulte au moins une fois par mois au sujet de ma roue arrière. Ma roue arrière a une facilité au dégonflage, creuvage, assez déconcertante. La plupart du temps un simple petit coup de pompe suffit à me remettre sur le traffic, mais parfois, les turpitudes des chantiers omniprésents à Pékin, m'obligent à changer la totale.
Un jour j'ai décidée de m'acheter une pompe à vélo, pour gagner encore un peu en autonomie, mais le jour où j'ai voulu l'utiliser, j'ai réalisé qu'elle n'était pas adaptée à mon vélo. Je me suis donc retrouvée avec une roue arrière complètement à plat après l'avoir volontairement dégonflée (bon).
Je vais donc voir mon réparateur de vélo - un vieux monsieur au visage tout buriné et aux mains pleines de cambouis, et toujours entouré de tous ses potes du voisinage venus tailler la bavette ... pour lui parler de mon problème, et là il essaye de me convaincre que ma chambre à air est crevée.

- Non non, je t'assure, c'est moi qui l'ai dégonflée, elle est toute neuve ma chambre à air, faut juste lui mettre un coup de pompe.
- Ecoute jeunette, les vélos c'est mon affaire, je te dis qu'elle est crevée, tiens, on va faire le test de la bassine d'eau, tu verras, y aura des bulles.

Il a beau tordre le cou à mon pneu en le noyant dans sa bassine, pas de bulles.

- Ah, tu vois, je te dis, elle est toute neuve !

Au lieu de remettre la chambre en place sur la roue, il décide de faire un autre test. Le gonflage de chambre à air, hors de sa roue. Il gonfle, il gonfle, tous les regards sont rivés sur mon pauvre pneu en maltraitance, il gonfle, je pressens un malheur, il gonfle, mon pneu crie à l'aide, et paf! trop tard, il éclate. Dead. Plus de bulles.

Hilarité générale. Plus dépitée qu'en colère, je fixe mon réparateur avec des yeux plein d'angoisse. Mais mais, m'enfin, mais pourquâââ, bouh, ouin.

Heureusement un gardien de parking qui a suivi la scène est tout de suite intervenu, et volant à mon secours, a passé un gentil savon à mon saboteur de pneu, en lui disant qu'il devait m'offrir une chambre neuve.

Depuis on est supers copains, si je n'ai pas de petite monnaie sur moi, il me dit de le payer la fois prochaine. Je ne vais plus voir personne d'autre.

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24 août 2006

Où est-ce-que j'ai mis mon peigne ??

Pour me faire pardonner d'avoir été si vilaine avec vous hier, je vous présente mademoiselle Yao, de la minorité des Yao (ça c'est vrai), et qui est une "femme aux longs cheveux". Rencontrée au milieu des rizières en terrasses de Longji dans la province du Guangxi en juin dernier, elle nous fait une jolie présentation de sa longuissime chevelure.
Longuissime ... comme le suspense qui me tourmente ces jours-ci. Les semaines qui vont suivre vont être remplies d'émotions en ce qui me concerne.
Je n'en dis pas plus.
Soyez juste là demain, j'ai une grande nouvelle à vous apprendre (enfin pour moi c'en est une, eheh), qui vient de me tomber dessus par mail, et me remplit de joie.
femmeYao

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18 août 2006

Une journée comme ça, une journée Leica

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Avant de vous conter en vidéo la suite de mes aventures tulou-esques, un petit post pour vous conter mes aventures pékinoises d'avant hier.
Ce 15 août il a fait très beau à Pékin, et vous le savez maintenant, je m'en plains suffisamment souvent, c'est si rare, que ça me met dans un état de joyeuseté particulièrement revigorant. Le ciel bleu, l'absence totale de brume poisseuse m'ont mise d'attaque pour une chasse photographique.

J'ai mis une pellicule toute neuve sortie du frigo dans mon Leica, enfourché mon vélo et suis partie en direction du métro (aux éclairages qui me fascinent, photo ci-dessus) le plus proche pour filer tout droit à Xidan, en m'interdisant de rentrer avec une pellicule non terminée.

punkette1Pourquoi Xidan ? Parce c'est un peu comme les Halles de Paris, très vivant (quoiqu'ici, un "quartier vivant", c'est un peu un pléonasme), il y a beaucoup de jeunes, et plus particulièrement, beaucoup de punkettes. C'est elles précisément que je voulais fixer sur mon film. Pas facile. Après une demi-heure à déambuler dans le quartier à la recherche d'une perle, j'en aperçois une qui retire de l'argent avec son copain, habillé lui, d'une tristesse à faire déprimer un moine. J'attends une minute qu'ils aient terminé, ce qui n'a pas manqué de me rendre encore plus visible que quand je marchais. Et je me jette sur la blonde chinoise.

- Hey ! salut ! tu accepterais que je te prenne en photo ?

Toutes les fois où je poserais cette question cet après-midi là, le regard appeuré de ma "victime" me fera culpabiliser et penser que je suis une tueuse de bébés phoques ambulante. Je tente de rassurer.

- Parce que je trouve que tu es très jolie !

Toutes les fois où je sortirais cette explication cet après-midi là, je me sentirai masculine et dragueuse (y a pas à dire, la chasse, c'est vraiment un truc de mec) mais les sourires radieux (et parfois les rougissements, si si) que je récolte sont une pure récompense.

drapeauAprès trois heures passées à Xidan, je décide de terminer ma pellicule sur la place Tiananmen, et m'y retrouve peu avant le début de la quotidienne cérémonie du drapeau chinois, celle du soir, quand les gardes descendent l'étoffe rouge au coucher du soleil. J'adore m'asseoir là par terre, et regarder ce qui se passe autour. Une petite fille joue devant moi avec son cerf-volant, des touristes chinois passent et rapaces ...

Puis je me suis levée pour me rapprocher de la foule compactée autour du drapeau, et lorsque je suis arrivée au bout de la pellicule, je suis partie aussitôt, car le drapeau n'était pas encore baissé, la lumière était de plus en plus belle, le spectacle loin d'être fini.

Mais je n'avais plus de pellicule. J'avais tenu mon pari de finir un film, et ne voulais surtout pas voir toutes les photos que j'aurais pu faire si j'en avais prévu une deuxième. Avec l'argentique, les quantités sont limitées, mais le rêve est tellement plus grand !
Les amoureux de la photographie comprendront ...

La suite de mes images de punkettes et de la place Tiananmen, ici.

Post sponsorisé par les pellicules Fuji Superia 200.
 

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12 août 2006

Lost in restaurant

LostInRestaurantLe pitch : il y a quelques jours, ma propriétaire Zhennan (je ne vous la présente plus) est passée à la maison avec son paternel aux faux airs de Deng Xiaoping, pour réparer l'interrupteur de ma salle de bain qui était de nouveau cassé. La dernière fois je ne pouvais pas allumer, cette fois-ci je ne pouvais plus éteindre. Ce soir-là, elle m'annonce qu'elle voudrait m'inviter à dîner la semaine suivante.

"Super!" je réponds, sentant déjà monter en moi les prémices de l'angoisse.
Dîner chinois en famille = ne pas se planter dans le cadeau + ne pas faire de bourdes culturelles + lui glisser que cette fois-ci, trois mois de loyer d'un coup d'avance ça va pas être possible + faire comme si je trouvais son fils très bien élevé + ne pas planter les baguettes dans le riz + qu'est-ce-que j'vais mettre + comment refuser de goûter les pattes de poulet sans vexer personne + dîner à l'heure à laquelle je finis habituellement de déjeuner + ... = aaaaaaaaaaaah

Un brin paniquée, j'ai appelé Estelle la veille pour lui demander conseil.
"Estelle, qu'est-ce-qu'on offre à des chinois qui t'invitent à tuer le cochon en famille?"

Après lui avoir donné tous les détails que je connais sur la classe sociale des mes hôtes (csp++), Estelle conclut qu'un panier de fruits et/ou une bouteille de vin remporterai(en)t un franc succès.
Ce jour-là il y a beaucoup d'orage, et c'est un peu au dernier moment, entre deux averses tropicales, que j'enfourche mon vélo pour me rendre au Jenny Lou, en prenant bien soin d'oublier mon poncho k-way. Je sais d'avance que je n'y trouverai pas de panier de fruits, je me rabats donc sur une bonne bouteille et des bonbons pour le petit empereur de fiston. Evidemment quand je sors du magasin, des seaux d'eau s'abattent sur la ville. Dans le miroir en rentrant chez moi, je vois un chien mouillé qui a rendez-vous avec le parti trois quarts d'heures après. Nickel. La bouteille de vin est trempée, ce qui me permet de retirer facilement l'étiquette du prix*.
Un quart d'heure avant le rendez-vous donné, mon portable sonne, c'est elle, elle m'attend dans son 4x4 immaculé. Elle est toute seule, je me dis que le reste de la famille attend au restaurant. Pendant le trajet qui nous sépare du restaurant de huo guo (hot pot) où nous allons, elle me fait écouter la radio pour laquelle elle travaille. Comme sur sa carte de visite il est marqué program director, je lui demande si son travail consiste à sélectionner les programmes.

"Oh no, I am the manager!" ok, première bourde.

On parle de musique et je lui raconte ma rencontre fortuite avec Choucroute, ce qui a pour effet immédiat de la rendre extrêmement jalouse de moi. Apparemment Choucroute a un ascendant très fort sur les chinoises.

Elle me dit aussi qu'elle est contente d'avoir enfin du temps libre, depuis que ses parents sont en vacances chez elle et s'occupent de son fiston quelques jours, ce qui lui permet de sortir avec moi ce soir. Après avoir enregistré et analysé ces informations nouvelles, je comprends que nous ne dînerons que toutes les deux. Avant de sortir de la voiture, je lui tends mon cadeau ... en remerciant le ciel de m'avoir empêché d'acheter un panier de fruits de 8 kilos.

La prise de commande est un grand moment de solitude pour moi, car je ne comprends pas un mot de ce qu'elle me dit. Elle s'applique à me donner le nom des plats en anglais, ce qui n'est pas forcément une bonne idée car si elle a pas mal de vocabulaire, son accent est très mauvais.

"Tu as déjà mangé du pick green ?" me demande-t-elle en pétillant. Hum, mauvais signe, sûrement un truc que même Indiana Jones laisserait sur le côté de l'assiette.

"Du quoi ?", je demande, inquiète.

"Du pick green, c'est très spécial, ahah, mais c'est très bon!"

"Euh non jamais. Mais je veux bien essayer!" dis-je m'attendant à me voir servir un abat dont je ne soupçonnais même pas l'existence.

"Allez, à toi ! commande un truc !" me dit-elle.

"Ok, euh ... des légumes ?" persuadée que le reste de sa commande se situe entre les poumons et l'intestin grêle d'une pauvre bête en voie d'extinction.

"Tu bois quoi ? du Coca ou du Sprite ?"
Je réponds du Coca pensant que c'est ce qui rapproche le plus du cytrate de bétaïne.
Toujours intriguée par le pick green, je la relance sur cette partie obscure de notre menu, et après gestes et traduction en chinois, j'apprends qu'entre deux feuilles de chou, je vais faire cuire de la cervelle de porc dans la marmitte du huo guo. Pig brain. Nickel.

Tous les plats nous arrivent et le serveur nous apprend navré qu'il n'y a plus de pig brain en cuisine. Ooh, quel dommage. Mes intestins poussent un soupir de soulagement et nous attaquons un repas qui s'avèrera tout simplement délicieux. Mais comment aurais-je pu en douter ? Boeuf, champignons, algues, chou, et autres ingrédients non identifés mais très bons, plongent dans le huo guo pimenté et c'est un vrai festin.

Repas entre filles donc, durant lequel j'écouterai Zhennan me raconter que son mari ne vit pas à Pékin mais à Taiyuan, et qu'ils ne se voient que trois jours toutes les deux semaines. Que le soir où elle est passée chez moi avec son père, elle avait laissé son fiston dans le 4x4 avec la grand-mère car elle craignait qu'il ne soit trop bruyant. Qu'elle n'aime pas les japonais, mais que sa voiture est japonaise. Que oui, vous avec les allemands ça va beaucoup mieux, mais nous avec les japonais c'est pas pareil, ils se sont jamais excusé. Qu'elle rêverait d'aller en France mais que maintenant elle n'a pas le temps, et pourtant elle a l'argent. Qu'avant elle avait du temps mais pas d'argent. Que la semaine prochaine elle part quatre jours à Hong Kong avec son fils, une copine et ses enfants, pour s'amuser à Disneyland et faire du shopping. Qu'elle n'aime pas la cuisine occidentale. Elle aime la cuisine chinoise, épicée. Et puis et puis ...

Finalement je n'étais pas si lost in restaurant que ça. J'étais une sacrée chanceuse d'avoir passé cette excellente soirée. Et vous savez quoi ? Elle veut remettre le couvert. Deux autres restos prévus. Un restaurant de raviolis, et un autre de canard laqué. Trop top.

Petite chanson rigolote que je dédicace à Zhennan:

* I'm a Susan. Pour ceux qui ne connaissent pas Desperate Housewives, ben ... dommage!

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