14 septembre 2008
Femmes, femmes, femmes
Lou se raconte, un peu ...
« J'avais 16 ans lorsque j'ai quitté la Chine. Le lycée en Chine c'est trop stressant. Quand tu es étudiant ici tu n'as pas de vie. Tu passes ton temps à réviser, à lire, pour avoir le big exam, pour entrer dans une bonne université. Terminer tes devoirs tous les soirs à 23h voire plus tard c'est tout à fait normal, souvent tu n'as même pas le temps de finir tout ce que les profs te demandent de faire tous les jours.
Alors évidemment je n'ai jamais été une bonne étudiante. Parce que je n'aime pas étudier des choses qui ne m'intéressent pas. Et je ne voulais pas vivre comme ça. Alors j'ai demandé à mes parents de m'envoyer loin d'ici. C'est sûr c'était rare à l'époque d'étudier à l'étranger à cet âge. Mais je pense que j'ai fait le bon choix. Sinon je serais un robot aujourd'hui. Bien sûr ça a été difficile de quitter ma famille à cet âge, mais comparé au stress des devoirs, des livres et tout ça, c'est rien »
Et les Chinoises, la mode, tout ça ...
« A propos des Chinoises et de leurs goûts en matière de mode, bon, d'abord je pense qu'elles ne savent pas vraiment ce qui se passe sur cette terre. Elles ne sentent pas les tendances du monde. Même maintenant que nous avons plus d'accès aux informations, à ce qu'il se passe ailleurs. Mais combien de personnes sont vraiment dans le coup côté fringues ?
Je pense que 80% des femmes portent ce qu'on appelle des habits. Mais la mode ce n'est pas simplement des habits. Les habits c'est le tissus qui recouvre votre corps, la mode c'est ce qui fait que vous êtes belle.
Je pense aussi qu'elles ont très peu conscience de leur corps. Neuf femmes sur dix qui entrent dans ma boutique me disent qu'elles se trouvent grosses alors qu'elles sont minces comme des baguettes. Elles n'aiment pas porter des vêtements qui révèlent trop leur corps, elles ne veulent pas trop montrer leurs jambes, leurs bras, leur décolleté. Alors bon, c'est vraiment difficile d'être sexy dans ces conditions, c'est difficile si vous n'êtes pas à l'aise dans votre corps.
Parce que la mode c'est aussi une expression de la sexualité. C'est pour ça que plus un pays est libéré sur le plan de la sexualité, plus la mode est belle.
La Chine est un pays conservateur, donc la mode est aussi conservatrice. Il y a plein de raisons à ça. D'abord les hommes ne veulent pas que leurs femmes soient trop belles, parce qu'ils veulent se sentir dominants. Ils se sentent en danger au bras d'une femme trop belle. Il y a un truc en Chine qui fait que les Chinois n'épousent que des gentilles filles moches, mais prennent de superbes maîtresses. Alors si vous voulez être mariée en Chine, ne soyez pas trop mignonne !! (rires)
Bon alors en un mot, on ne cherche pas vraiment à être à la mode, mais surtout à exprimer ce qu'on a en tête, c'est pourquoi la mode chinoise est encore très conservatrice.
Mais on progresse, et on peut espérer qu'un jour les femmes chinoises se sentiront mieux dans leur corps, seront en harmonie avec elles-mêmes, et donc, s'habilleront mieux »
(Extraits d'une conversation avec Lou, la fameuse suite ...)
23 juin 2008
L'experte française
Non, ça fait pochtrone.
Comme j'aime boire, je bois régulièrement du vin.Comme je suis française, je bois régulièrement du vin. Non non, ça fait pochtrone qui cherche une excuse. En plus c'est débile, les Polonais boivent beaucoup plus que les Français. Pour mon travail, je suis bien obligée de me tenir informée des produits français qui sont exportés en Chine et de les goûter de temps en temps, et il se trouve que quand même, la grande majorité des produits français qui sont exportés en Chine, sont liquides et alcoolisés. Ouais, bon.
Qu'on se le dise, le Français naît avec un diplôme de sommelier dans ses couches culotte, il est ze spécialiste en vins, celui qui doit se coller au choix du vin dans une tablée United colors of Benetton. "Drink list? oh we leave this to our little frenchy over there, she was born in a vineyard, she used to play with bottles instead of skittles, no problem for her to make the difference between a Côtes-de-Nuit and a Bâtard-Montrachet" ... grmf.
Vous qui êtes en France, saviez-vous que c'est l'enfer d'être Français à l'étranger ? D'abord, en ce moment en Chine, c'est l'enfer d'être Français tout court, pour des raisons flammo-tibétaines que je ne développerai pas ici. Mais saviez-vous que notre nationalité est un gage de qualité en matière fromageo-viticole ?
Estampillé français ! Que l'on soit né dans le Maine-et-Loire, en Auvergne ou dans les Bouches du Rhône, le BAC Vin/Fromage/Baguette option Béret nous est systématiquement attribué avec mention Très bien. Ce qui fait peser sur nos frêles épaules gauloises, une pression terrible : quelle perte de face insoutenable si la carte des vins nous parait aussi simple à comprendre que des katakanas japonais, ou que l'étal de fromages nous parle autant que la carte des conflits du Moyen-Orient. "Mérité-je vraiment d'être français ?" vous flagellez-vous de branches de buis bien coupantes.
Alors parfois vous exercez ce pouvoir qui vous est donné à la naissance (un peu comme Superman et ses cryptonites) pour faire connaître votre avis céleste et indiscutable sur la qualité d'un vin, ou de tout autre produit mondialement reconnu pour avoir été divinement conçu on the french soil, the fameux terroir français, tadâââ.
Donc, un jour, je sifflotais dans le frigo de la Boucherie Michel (endroit plus français que l'ambassade de France) mon BAC vin/fromage/baguette en poche, à la recherche d'une bonne bouteille de vin bien de chez nous, bien fraîche, pour une consommation immédiate (fait çaud). Pas disposée à investir plusieurs têtes de Mao Zedong (le billet de 100 RMB chinois, l'équivalent de 10 euros), je jette mon dévolu sur une bouteille de Bordeaux blanc sec dont je tairai l'appellation, à 78 RMB (même si vous me la demandiez je ne saurais répondre, j'ai une mémoire de poisson).
Erreur. Ouhla, pas bon. Du tout, du tout. Terrible même. Malade même. Avec deux petits verres. Malade. Très.
Je profitai donc de ma visite suivante à la Boucherie Michel pour avertir le personnel de la mauvaise qualité de cette bouteille, lui racontant mes mésaventures bordelaises suite à l'ingurgitation de deux petits verres de ce vin. D'abord, ce fut la stupeur. Mince ! Mais c'est du vin français ! Discutage sur le fait que chacun a un estomac tellement différent de celui de son voisin. Oui m'enfin là, quand même, c'est bien la première fois que je suis malade avec du vin. Et puis, l'arôme. Pas normal, l'arôme. Bref, frelatée la bouteille. Faut pas chercher midi à quatorze heure.
Moi, je dis ça, j'ai rien dit.
C'est à peu près l'effet qu'a suscité mon avis de consommatrice aguerrie. La vendeuse a fait mine pendant quelques minutes de s'intéresser à ma remarque, avant de replacer la bouteille en question dans le frigo. Boârf. "Parle à mon cul, ma tête est malade".
Plusieurs jours après, je repasse, à tout hasard je jette un œil dans le frigo, histoire de voir si la bouteille est toujours là. Elle trône toujours à sa même place. Bon, moi je dis ça, j'ai rien dit.
Autre supérette, autre produit, autre expérience, même bide.
Une boîte de céréales, ouverte. Au moment où j'allais la mettre dans mon caddie une vendeuse vérifie son rayon. "Bonjour! oups, cette boîte de céréales est ouverte, elle a du avoir un problème dans le transport!" je lui dis. "Ah oui!", elle me répond. Et la boîte reprend sa place dans le rayon. Bon.
Il va falloir que je m'habitue à ce que mon avis compte pour de la bouse de yak mongol apparemment.
29 janvier 2008
Oops, j'l'ai encore fait
Vous. Oui, vous qui rêvez de venir vivre en Chine. Avez-vous vraiment étudié toutes les conséquences d'un tel saut, si vous le faisiez ? Une bonne âme vous a-t-elle averti des risques que vous prendriez en vous installant ici ?
Bon, si vous avez lu ce blog récemment vous êtes conscient des risques d'enfuwawatage et autre intoxication peluchère, mais ne sous-estimez pas non plus le pouvoir des divers TOCS chinois que même nous, pauvres étrangers barbotant dans le chaos pékinois, adoptons dans notre gestuelle insconciente ... à l'insu de notre plein gré donc. Grattage d'oreille, hurlage dans le téléphone portable, balançage de porte dans la tête du pauvre innocent derrière nous, squizzage dans les files d'attente, sifflotage de canto pop, usage du mot "laowai" pour désigner toute personne non chinoise ... et autres joyeusetés locales.
En vraie working girl depuis quelques mois, ma consommation d'ascenseur a pris de la hauteur pour atteindre un record de 114 étages gravis au minimum chaque jour, quand je ne fais qu'une sortie déjeuner le midi (car l'estomac se chinoïse également, et je m'autorise parfois, un goûter). Autant vous dire que l'ascenseur, l'elevator, le dianti 电梯, est devenu pour moi, un véritable ami.
L'ascenseur, c'est celui qu'on est content quand il est là. Ouvert, prêt à vous emmener où vous voulez. C'est celui qu'on attend impatiemment, qui nous manque quand il est loin. C'est celui qu'on n'aime pas partager. C'est le dernier qui nous voit avant qu'on commence la journée de boulot, celui où on vérifie une dernière fois qu'on a pas mis devant derrière, celui où on gémit, piaffe, selon l'humeur, bref, l'ascenseur, c'est le témoin de nos débuts et fins de journée. Ils en savent des choses !
Et de découvrir qu'ici en Chine, l'ascenseur a en fait ... un point G. Oui. Et même non, pas un point G, mais deux. Deux boutons hyper excitant, qu'on peut pas s'empêcher d'appuyer dessus dès qu'on a un orteil dans l'espace clos, avant même que les portes ne se ferment. C'est plus fort que nous. Parce qu'ici, c'est bien ça le top du plaisir dans l'ascenseur : appuyer sur les boutons de fermeture et d'ouverture des portes. Au cas où les portes oublieraient de s'ouvrir et de se fermer. On a déjà vu des gens mourir coincés dans un ascenseur ouvert au rez de chaussée, d'avoir trop attendu que les portes se ferment. Alors non, pas nous. Dès qu'on a les pieds dans l'ascenseur, on perd tous, sans exception, 30 ans d'âge, on veut tous être celui qui appuiera le premier sur le bouton. Gnnniiiiii, YES ! je l'ai eu, lalalÂÂ ! Le top du top de l'extase étant d'arriver à fermer les portes au nez de quelqu'un qui arrivait en courant pour entrer dans l'ascenseur. Trop bon.
Vous verrez, après quelques mois de vie chinoise, vous regarderez votre ascenseur différemment ...
03 octobre 2007
Tu seras pour moi, unique au monde

Hier, s'est tenu au parc Honglingjin 红领巾公园, le Beijing Twins Day, le festival des jumeaux (双胞胎). Journée de fête consacrée à tous ceux qui sont nés en double, voire en triple. C'est la quatrième année que ce petit parc de l'est de Pékin, qui porte le nom du foulard rouge des petits gardes rouges de la Révolution culturelle, consacre un jour à ces heureuses fratries. Le soleil était de plomb, et l'ambiance joyeuse et festive, comme elle l'est souvent dans les parcs pékinois.
Des jeux de kermesse étaient organisés pour les enfants, et les jumeaux dotés de talents de chanteurs ou de danseurs ont offert un show sur une petite scène chauffée par deux animateurs ... jumeaux. 
Fierté des parents venus montrer leur progéniture, attroupement autour des double landaus, des enfants habillés à l'identique, des adultes ou même des personnes âgées ... chacun est venu partager ses expériences. Comme Ma Xing et Ma Lin, 21 ans qui ne se sont jamais séparées, s'habillent tous les jours pareil, ont suivi les mêmes études, et travaillent ensemble dans la même banque à Financial Street. A la maternité, leurs parents ont fait comme la plupart des parents de jumeaux*, ils ont accentué la jumellité en choisissant un caractère identique dans les deux prénoms, une originalité que la langue chinoise permet. 
Les Chinois adorent les enfants mais n'ont le droit d'en avoir qu'un seul. L'arrivée de jumeaux est donc une chance, car elle permet d'avoir une famille élargie sans culpabiliser.
Et vous, vous avez un jumeau ?
* Me suis trompé sur ceci, voir le commentaire de Jun plus bas.
Voir aussi la vidéo d'Aujourd'hui la Chine.
01 juillet 2007
Yaning et Sabrina, perles de Qingdao
Yaning est une jeune chinoise originaire du Ningxia qui a émigré dans le Shandong. A Qingdao plus précisément, ville qu'elle adore et qu'elle ne veut plus quitter. Qingdao la côtière de cinq millions d'habitants, berceau de la fameuse bière Tsingtao créée par les Allemands pendant la première moitié du 20ème siècle ... Qingdao et ses maisons issues d'un passé germanique, ses plages, coquillages et crustacés, sa population coréenne, sa Riviera qui accueillera en août 2008 les épreuves nautiques des Jeux Olympiques. Qingdao et ses mélanges. Ses inspirations.
Inspirée, Yaning le fut très fortement par Audrey Hepburn, et son personnage Sabrina, dans le film du même nom.
Si comme moi vous n'avez pas vu ce film, je vous épargne le zapping sur imdb.com et vous la fais courte. Sabrina est fille de chauffeur, éprise d'un des fils du patron de son père, mais pas le bon. Celui qui "ne sait même pas qu'elle existe", le mauvais garçon pas sérieux. Alors que l'autre, sérieux et gentil, est amoureux d'elle. Sabrina part en France, à Paris, pendant un an pour parfaire son éducation, et revient transformée, élégante et distinguée (ça c'est Paris !). Et ce qui devait arriver arriva, le goujat tombe amoureux d'elle, mais Sabrina n'en a plus rien à faire, à présent toute flageollante pour l'autre.
Sabrina revenue transformée, a imprimé dans le coeur de Yaning une déclaration dont elle a fait sa phrase fétiche. "America is my country, Paris is my hometown!".
"Ningxia is my province, Qingdao is my hometown!", me dit-elle alors que nous nous promenions sur la Riviera des Jeux Olymiques, disparue sous un épais brouillard.
Ce fut comme une révélation de son vrai elle. Tellement, qu'elle a changé beaucoup de choses dans sa vie. A commencer par son prénom. De Zhongming 钟鸣, elle est devenue Yaning 雅宁. Et depuis, elle voit "la vie à travers des lunettes roses".
"Ah oui" je réponds, "comme dans la chanson, tu sais La vie en rose d'Edith Piaf ?". Et je me mets à lui fredonner l'air. Succès immédiat. C'est à ce moment-là que je suis devenue je crois, "sa meilleure amie étrangère". Un peu plus tard elle m'avouera que je suis la première étrangère à qui elle parle, car elle est généralement trop timide et peu sûre d'elle pour aborder ces individus venus de très loin.
Dans les émotions de ses confessions, Yaning a perdu son gilet sur le quai. Rose. Son préféré. Une catastrophe. Pendant de longues minutes nous avons cherché partout, questionnant toutes les personnes que nous croisions, même à 200 mètres.
"OUHOUH TOI LA-BAS ! OUI TOI LA-BAS, T'AS PAS VU UN GILET ROSE ?" Toute la Riviera au courant qu'un gilet rose a disparu dans le brouillard. En vain. Alors je tente un réconfort plein de sagesse confucéenne.
"Tu sais Yaning, on peut pas tout avoir dans la vie. Tu as gagné une meilleure amie étrangère. En échange, tu dois laisser ton gilet rose."
"C'est vrai. Et puis les choses c'est pas comme les hommes, ça se remplace."
A Qingdao, j'ai pas mangé de coquillages, mais je suis quand même tombée sur une perle.
08 juin 2007
这是什么活动 ?

Aujourd'hui, c'est toi public qui écrit l'histoire !
De quoi s'agit-il ? C'était aujourd'hui.
Edito du 12 juin : Réponse !
Alors, je confirme, la personne à droite sur la première photo est bien un homme. Eheh. C'est marrant, je ne pensais pas que ce point porterait à confusion ...
Pas mal joué Stéphane, mais il ne s'agit pas de l'élection d'une nouvelle star, même si effectivement notre animatrice sur la gauche de la première photo n'a rien à envier au jury implacable de la Starac !
Je félicite l'imagination toujours débordante de Vince ... (dis donc, tu n'aurais pas un deuxième métier de scénariste toi ? entre deux dissections de placodermes, hmm ?)
Merci Frankie ! mais non, c'est pas moi la miss China 2007 ! et il ne s'agit pas d'élection de miss ...
Pas mal essayé François, mais non, pas d'élection de Super vendeuse du mois non plus !
Merci Nastascia pour le lien vers ton site, félicitations et longue vie à ton blog :)
Anne, c'est pas mal, mais non, pas de concours de styliste non plus !
M'barek, y a un peu de ça, mais non, c'est pas la zhongguo star ;)
Pekinoscope, tiens c'est une idée ! mais non, pas d'opération promotionnelle pour un produit blanchissant ce jour-là, cela dit tu as repéré l'endroit !
Alors nous avons une gagnante, elle n'est pas Pékinoise, mais elle est amoureuse, et a repéré le petit coeur sur la photo de droite, indice subliminal qui avait pour vocation de vous mettre sur la voie. Elodie, bravo, il s'agit effectivement d'un concours pour amoureux, ou plutôt pour futurs amoureux. Sponsorisé par China Mobile et sa promo sur les
cartes de téléphone à 50 rmb, ce concours qui a effectivement eu lieu à Jianwai Soho, récompensait le meilleur amant et la meilleure amante, pour leurs qualités de chanteurs (ben quoi les paons font bien la roue avant de, enfin bref...) l'histoire ne dit la suite, je vous vois venir. La pub est illustrée par les photos d'un film dont les héros sont des amants.
Donc je résume, un concours dont le but est de former un couple, avec une fille et un garçon qui chantent moins mal que les autres ! Comme je devais aller travailler je ne connais pas les gagnants, mais la numéro 8 avait toutes ses chances ! Bravo Elodie !
(cliquez sur les photos pour zoomer)
22 mai 2007
La bourde du mardi
Les Chinoises et nous, on n'a pas les mêmes critères de beauté. Et c'est normal me direz-vous, on n'est pas pareilles. Pas les mêmes cheveux, pas la même couleur de peau, ni la même couleur des yeux. Pas le même nez, ni la même taille, pas les mêmes fesses ni les mêmes seins, leurs pieds sont plus jolis, mais nos yeux sont plus grands, leur peau est hâlée et ça les énerve, la notre l'est pas assez et c'est pire ... alors que voulez-vous, nos aspirations physiques sont contraires, nous autres blanches ne rêvons que d'une chose, avoir les mêmes atouts que les filles au teint mat, et vice versa. C'est la vie !
J'ai touché du doigt cette asymétrie des idéaux il y a quelques jours avec deux de mes collègues chinoises.
Retour de vacances de Wuyi (1er mai).
- Moi, pieds dans le plat : wouaa, t'as une mine superbe ! tu es allée au soleil ? tu es toute bronzée, ça te va très bien !
- Elle, paniquée : euh ... ah ... ah bon ?
- Moi, grand moment de solitude : Enfin je veux dire, tu as vraiment bonne mine quoi ... tu étais dans le sud ? Tu sais à Paris, les filles qui rentrent bronzées de vacances sont haïes pendant des jours par leurs collègues blanches comme des bidets et qui ne pensent qu'à une chose, leur mettre la tête dans la broyeuse à papier ! Bon, maintenant je vais me pendre avec la souris de mon ordinateur ok ? (eh meeeeerde, je suis trop conne, ne jamais, jamais
dire à une Chinoise qu'elle est bronzée et que ça lui va bien, même si
c'est vrai. Ici c'est le blanc la couleur de la beauté ! je n'arrive toujours pas à comprendre comment après plus d'un an et demi de Chine je fais encore ce type de bourde)
Mais heureusement, je ne suis pas la seule à en faire, des bourdes.
- Une autre : wouaaou, t'as encore maigri, super !
- Moi : euh ... (crispation du menton annonçant une crise de larmes imminente et durable). Merci. Mais en fait tu sais, ça me fout ma journée en l'air quand on me dit ça, je suis en plein régime grossissant (snif).
- Elle : eheh, oui je sais ! mais ça te va super bien de maigrir tu sais !
- Moi : génial, oui génial.
A moins que le problème soit que nous sommes tellement pareilles, qu'on en oublie que nous sommes différentes ? ou bien ?
08 novembre 2006
Discussion autour d'un chocolat

Hier
après-midi j'avais de nouveau rendez-vous avec Jason, mon interviewer
pour CCTV. On a fait une pause dans un bar de Nanluoguxiang (la
dernière hutong à la mode) tenu par un mongol, où on a
poursuivi notre discussion sur les différences culturelles entre
Chinois et Occidentaux, autour d'un chocolat (dont la vue, je suis sûre, vous réchauffera.
- C'est quoi pour toi la plus grosse différence entre la mentalité chinoise et la mentalité occidentale ?
-
... l'individualisme. Ici en Chine, on ne prend pas de décision en
pensant uniquement à soi. On agit dans le but de faire plaisir à sa
famille, à ses proches. Vous en Occident, vous êtes très
individualistes. Tu vois ce que je veux dire ?
- ... hum, oui, je
vois ! Et j'en suis un bon exemple, pas vrai ?! Mais tu ne penses pas
que vous allez bientôt y venir vous aussi, à l'égoïsme et au "tout pour
moi" ?
- ... peut-être, je ne sais pas. Possible.
- et comment ça se passe ici, entre les filles et les garçons ?
- C'est pas facile ! Pour plaire à une fille, ça ne suffit pas d'être mignon, d'avoir du talent, d'être gentil ... Ici
une fille va surtout chercher un gars riche, qui a un appartement, une
voiture, qui aura les moyens de s'occuper du foyer, sans qu'elle ait
besoin de travailler dur elle aussi. Du coup les garçons se sentent
très en insécurité, car ils ne savent pas si leur copine ne va pas les
lâcher pour un plus riche. Quand elles choisissent un garçon, elles
pensent d'abord à leur avenir.
Et chez vous c'est comment ?
-
Ouhla. Différent. Chez nous c'est la crise de la trentaine qui rend les
choses difficiles ! On se pose beaucoup de questions, on hésite
beaucoup à s'engager. Chacun est très attaché à son petit bonheur. Et
puis les garçons ont un peu peur des filles trop indépendantes, ils
n'osent pas les approcher. Et le problème c'est qu'elles le sont de
plus en plus, même si d'un autre côté, elles croient encore au prince charmant et au
grand amour, et qu'elles attendent qu'on vienne les chercher.
Au moins, ce qu'on a en commun, c'est la contradiction, n'est-il pas ?
19 octobre 2006
Monsieur le réparateur de vélos
Petit relâchement ces jours-ci, oui mais grand chambardement ! D'abord j'ai plus de boulot qu'avant puisque depuis peu je collabore au contenu du site aujourdhuilachine.com ... ensuite j'ai deux zigotos d'amis en vacances chez moi, c'est du travail ! Non, c'est surtout beaucoup de rigoulades. Dès le premier jour, je les ai mis sur des vélos, et zou, les voilà pédalant gaiement dans les rues de Pékin. Ils se débrouillent comme des chefs, j'ai juste du leur apprendre quelques basiques de mandarin, que Rachel retranscrit dans une phonétique qu'elle seule comprend : "pou" (pour dire "non"), "madame" (pour "addition", en réalité ça se prononce "maidan"), "sane gueu poulade" (pour dire "donnez-m'en trois, pas épicés"), "doubitchou" (excusez-moi), et j'en passe et des meilleures ...
En parlant de vélo, je ne vous ai pas encore présenté un des personnages qui peuplent mon univers pékinois, Monsieur le réparateur de vélos.
Installé sur le trottoir avec sa petite carriole remplie d'outils et
d'accessoires, je le consulte au moins une fois par mois au sujet de ma
roue arrière. Ma roue arrière a une facilité au dégonflage, creuvage,
assez déconcertante. La plupart du temps un simple petit coup de pompe
suffit à me remettre sur le traffic, mais parfois, les turpitudes des
chantiers omniprésents à Pékin, m'obligent à changer la totale.
Un
jour j'ai décidée de m'acheter une pompe à vélo, pour gagner encore un
peu en autonomie, mais le jour où j'ai voulu l'utiliser, j'ai réalisé
qu'elle n'était pas adaptée à mon vélo. Je me suis donc retrouvée avec
une roue arrière complètement à plat après l'avoir volontairement
dégonflée (bon).
Je vais donc voir mon réparateur de vélo - un
vieux monsieur au visage tout buriné et aux mains pleines de cambouis,
et toujours entouré de tous ses potes du voisinage venus tailler la
bavette ... pour lui parler de mon problème, et là il essaye de me
convaincre que ma chambre à air est crevée.
-
Non non, je t'assure, c'est moi qui l'ai dégonflée, elle est toute
neuve ma chambre à air, faut juste lui mettre un coup de pompe.
-
Ecoute jeunette, les vélos c'est mon affaire, je te dis qu'elle est
crevée, tiens, on va faire le test de la bassine d'eau, tu verras, y
aura des bulles.
Il a beau tordre le cou à mon pneu en le noyant dans sa bassine, pas de bulles.
- Ah, tu vois, je te dis, elle est toute neuve !
Au
lieu de remettre la chambre en place sur la roue, il décide de faire un
autre test. Le gonflage de chambre à air, hors de sa roue. Il gonfle,
il gonfle, tous les regards sont rivés sur mon pauvre pneu en
maltraitance, il gonfle, je pressens un malheur, il gonfle, mon pneu
crie à l'aide, et paf! trop tard, il éclate. Dead. Plus de bulles.
Hilarité générale. Plus dépitée qu'en colère, je fixe mon réparateur avec des yeux plein d'angoisse. Mais mais, m'enfin, mais pourquâââ, bouh, ouin.
Heureusement un gardien de parking qui a suivi la scène est tout de
suite intervenu, et volant à mon secours, a passé un gentil savon à mon
saboteur de pneu, en lui disant qu'il devait m'offrir une chambre
neuve.
Depuis on est supers copains, si je n'ai pas de petite
monnaie sur moi, il me dit de le payer la fois prochaine. Je ne vais
plus voir personne d'autre.
24 août 2006
Où est-ce-que j'ai mis mon peigne ??
Pour me faire pardonner d'avoir été si vilaine avec vous hier, je vous présente mademoiselle Yao,
de la minorité des Yao (ça c'est vrai), et qui est une "femme aux longs
cheveux". Rencontrée au milieu des rizières en terrasses de Longji dans
la province du Guangxi en juin dernier, elle nous fait une jolie
présentation de sa longuissime chevelure.
Longuissime ...
comme le suspense qui me tourmente ces jours-ci. Les semaines qui vont
suivre vont être remplies d'émotions en ce qui me concerne.
Je n'en dis pas plus.
Soyez
juste là demain, j'ai une grande nouvelle à vous apprendre (enfin pour
moi c'en est une, eheh), qui vient de me tomber dessus par mail, et me
remplit de joie.
