13 avril 2008
Made in China : la bassine en émail

Oué oué, je sais, l'actualité ne manque pas de vous bassiner. Alors comme moi, faites un geste rebelle, faites du détournement de bassine. Je m'explique.
Prenez une jolie bassine chinoise en émail, avec son socle à trois pieds et son porte-savon sur le côté. Dans sa fonction première on s'attendrait à voir cette bassine remplie d'eau, avec sa serviette en éponge et son savon. Heureusement la plupart d'entre nous avons une salle de bain, avec un lavabo ... tellement pratique.
Mais ça n'est pas une raison pour jeter aux oubliettes ce superbe objet. Sauf si bien sûr votre maison à la campagne est un abris de berger dans les montagnes des Pyrénées et que votre meilleure amie a des poils blancs sur les papattes et s'appelle Belle. Ou encore, que vous trouvez ça très drôle de vous toiletter à l'ancienne, hop, un petit coup d'eau derrière les oreilles, et c'est parti. Miam.
Allons, allons. Sa reconversion est toute trouvée, près de la porte d'entrée, ce magnifique vide-poche ne manquera pas de faire des jaloux auprès de vos visiteurs. Le porte-savon est tout content de sa nouvelle carrière de porte téléphone mobile, porte cartes (la carte du club de sport par exemple, celle qu'on perd régulièrement). A la place de la serviette en éponge on pend son écharpe, sa petite veste (attention pas du très lourd, l'installation ne tient pas debout sinon, sauf si la bassine est pleine à craquer).
Et last but not least, le petit plus qui fait bien plaisir, l'empilage de magazines sous la bassine, sur les machins qui relient les trois pieds.
Elle est pas belle la vie d'poche ?
Bassine en émail et son trépied : 6,50 €
Où la trouver ?
Dans les quincailleries de Dongsi Beidajie
23 mars 2008
Made in China : le tabouret tressé pliable
C'est indéniable, on entre dans la belle saison (l'arrêt des radiateurs depuis cinq jours en est un des prémices paradoxalement douloureux puisque la grosse pelade le froid est encore là. Oui, ici, il y a une espèce d'autorité suprême du radiateur, inflexible, une sorte de dieu que vous aurez beau offrander de chaussettes rando Décathlon et de bonnet polaires, lui, il en a rien à fiche, le 15 mars, c'est coupage de chauffage pour tout le pays et puis c'est tout), celle où on pourra bientôt traîner le soir dehors, en terrasse, sur le pas de la porte, sur le trottoir, enfin n'importe où. Pas d'inquiétude à ce sujet, ici, on change de saison comme on change de chaîne. Un beau jour un type appuie que le bouton "printemps" et hop, les oiseaux gazouillent au milieu des bourgeons qu'on avait pas remarqués jusque-là. La veille vous hésitiez encore entre le col roulé et la polaire sous la doudoune. Jusqu'au jour où un autre type zappe sur "été", et là c'est la grosse transpi il fait très chaud.
Il est donc temps de se munir de son petit tabouret tressé pliable !
Demandez aux brigades de quartiers si ça n'est pas le must en matière d'assise. Lors de la semaine de l'Assemblée Nationale Populaire ils étaient nombreux aux intersections, entrées de résidences, carrefours, points stratégiques ... bref partout, les petits vieux embrigadés dans les comités de quartiers, chargés de surveiller la population. A chaque grand rendez-vous national politique (1er octobre, ANP, ...), ils passent leurs journées sur le pavé, papotent, un bras entouré de son fier brassard rouge. Et sur quoi sont-ils assis ? Des petits tabourets pliables ! Bon, les brigades ne sont pas les seules à les utiliser. Les papys joueurs de dames chinoises sont aussi des adeptes de l'assise basse.
Indispensable je vous dis. Léger, transportable facilement, confortable ... et tellement chinois.
Tabouret en bois pliable : 1,50 €
Où le trouver ?
Dans les quincailleries de Dongsi Beidajie (et oui encore ...)
16 mars 2008
Made in China : la poussette en bambou

Cela faisait longtemps que je n'avais pas parlé de ces objets chinois du quotidien, qui disparaissent à mesure qu'ils sont remplacés par les produits manufacturés que chacun peut trouver dans tous les Carrefour du monde.
Après le thermos fleuri, la toile cirée, le pot à thé, les serviettes éponge et les Feiyue, qu'est-ce-que j'allais bien pouvoir épingler ?
Tadaa. La poussette en bambou. Difficile de ne pas s'émouvoir devant ce petit chef d'œuvre de simplicité, que l'on voit encore dans quelques hutongs, poussées la plupart du temps par les grands-mères, qui papotent entre elles tout en s'occupant de leurs petits-enfants. Certaines y promènent aussi leurs petits chiens.
Evidemment, bébé ou pas, on en veut une chez soi. Et en attendant d'y promener sa propre progéniture, pourquoi ne pas lui trouver une utilité toute esthétique ? Range revues, panier du chat, support pour mini jardinet ... les solutions sont multiples. Comme les tailles et les styles. Celle-ci est la plus petite (pour enfant unique !), mais il en existe pour jumeaux, avec bancs rouges et grande poignée des deux côtés.
Très ingénieuse elle peut aussi se transformer en petit chariot, car les deux assises en bambou sont amovibles. On ne fait pas mieux au pays de la poussette, ni au pays du bambou.
La plus petite, 9 €
Où la trouver ?
Dans les quincailleries de Dongsi Beidajie.
12 mars 2008
Kafka



Le shopping, c'est souvent kafkaïen en ce qui me concerne. Pas chez Kafka. Je m'explique. Kafka est un petit magasin de fringues étrange, qui mélange vintage et horreurs. Les deux allant parfois de paire. J'aime bien cet endroit parce que le verdict y est très simple en ce qui me concerne, c'est soit "ouhaaaa j'adooore", soit "bucket please!" (je traduis pas). J'y passe régulièrement, et c'est très rare que j'en ressorte les mains vides. La vendeuse me reconnait, parfois je pousse même le vice jusqu'à y aller quand je porte un truc que je lui ai acheté, pour lui montrer. Ça la fait rire, et moi aussi. Ils nous en faut peu. Elle sait que ce que j'aime chez elle c'est les robes courtes, un peu sixties. Quand je tombe sur un jour où justement elle en a une, j'ai l'impression d'être la reine du shopping, toujours sur les bons coups. Alors que certainement, rien n'est dû au hasard.
C'est où ?
Kafka, 22 Dongzhong Street, Dongcheng District, 100027 Beijing
09 février 2008
J'en fais quoi de ce Tupperware ?
Ah enfin un post shopping ! On commençait à s'ennuyer ferme sur ce blog !
Toujours dans ce centre commercial Ginza Mall de Dongzhimen, se trouve une boutique Tupperware. Oui mais attention, pas des Tupperwares de mémère qui s'échangent lors d'obscures réunions canapé chez les unes chez les autres. De jolis Tupperware design, de ceux qu'on se demande quand on les voit "Il m'en faut absolument au moins un, qu'est ce que je pourrais bien mettre dedans ? Je vais trouver, laisse-moi juste réfléchir deux minutes ..."
J'en étais à ce stade de la réflexion faisant mine d'hésiter sur les motifs que j'avais déjà choisis depuis dix minutes, sous le regard inquiet de la vendeuse qui m'avait énuméré tous les usages possibles de ces gobelets et de leurs deux différents couvercles, un normal, et un muni d'un bec verseur.
Lasse de réfléchir j'ai pris les deux, et c'est une fois dans ma cuisine que j'ai trouvé comment les utiliser. Un pour transporter ma dose de carottes crues pour la journée (bon pour la peau, rend aimable ...) et l'autre pour stocker mes graines de lin moulues. Mais ça, c'est une autre histoire ...
20 décembre 2007
Very chouette
A l'approche de Noël, je suis sûre que vous seriez ravis d'avoir quelques idées de shopping à Pékin, alors comme c'est mon jour de bonté je vais vous en donner une (super généreuse que je suis). Une adresse de magasin de fringues pour filles que j'aime beaucoup. Rien à dire. Ca s'appelle Very, c'est chinois, il n'y a qu'un magasin en Chine continentale et il est à Pékin (d'après leur site Internet. Si vous connaissez d'autres adresses, faites-nous les connaître !).
L'autre soir alors que je déambulais dans les allées du Ginza Mall de Dongzhimen (au pied de la tour Kenzo), j'entre dans la boutique Very, et repère immédiatement un pull. Comme j'ai toujours beaucoup de mal à trouver des pulls qui me plaisent et remplissent la mission première d'un pull qui est de tenir chaud (bon ok, le pull en question ne remplit pas du tout, mais pas du tout cette mission première), je me précipite pour l'essayer. Et là, ô désespoir, c'est la cata. C'est quoi ce pull, j'ai l'air de rien dedans, sûr on va me donner 2 rmb dans la rue en sortant. Flairant mon désespoir, se précipite une vendeuse sauveteuse diplômée en relooking de laowai en perdition dans un pull, qui rapidement, mettra le doigt sur le problème qui se trouve, ô miracle, avoir une solution.
- Ca se porte avec une ceinture bécassine !
Pffu, évidemment, bêtasse que je suis. Et hop hop, me voilà ceinturée et comme par magie je re-tombe amoureuse du pull. Sentant la voie se dégager et l'espoir renaître, la vendeuse me fiche un petit manteau trop joli dans les bras, "tiens ! essaye ça !". Et là, vlan, re-tombage en amour pour un manteau. Euh, stop. Il est temps de partir. Après tout, je fais les magasins pour trouver des cadeaux de Noël. Bon, loupé.
Cela aura duré en tout quatre minutes trente-deux. J'aime bien le shopping comme ça. Prend pas la tête. En fait, si je pouvais, j'embaucherais une personne pour faire mon shopping.
Donc Very, c'est vraiment pas mal du tout, je vous le conseille. D'autant que c'est même pas ruineux (300 RMB le pull). Le magasin est joli et les relookeuses, vendeuses ont l'oeil sur vos goûts (ce qui est rare, admettons-le, ici en Chine, où à peine les pieds posés dans un magasin de fringues on vous agite une doudoune Arlette Laguilier quand vous affichez clairement un look Kate Moss ... euh non merci, la doudoune Arlette, dans 30 ans peut-être ! aaaah les bottes à fanfreluches bling-bling non plus ... )
Site : www.veryco.com (ô et puis, j'aime bien travailler en écoutant la musique de leur site ...)
C'est où ?
Shop 16, niveau 2, Ginza Mall, 48 Dongzhimen Wai, Beijing
D'autres magasins à Hong Kong, voir adresses sur le site
13 décembre 2007
J'en veux
Jamais été vraiment fan des calendriers album photos, toujours trouvé ça assez ringard. Et pourtant, si le pompier Pirelli sonne à ma porte pour me vendre son calendrier 2008, sûr je lui achète son stock.
Pour sa 42ème année, le calendrier Pirelli s'est invité dans les studios de cinéma de Shanghai, bien accompagné de Patrick Demarchelier, artiste photographe qu'on ne présente plus.
Tous les modèles ne sont pas chinois, mais toutes sont sublimes(minales?). Habillées par Dior, coiffées et maquillées comme de magnifiques concubines que j'appellerais plutôt créatures asiatiques bombesques. Haut en couleurs, et d'une très grande poésie, ce calendrier serait très bien sous mon sapin de Noël. Le seul hic. C'est une édition limitée. 23 000 exemplaires ... dans le monde. Pas glop.
01 octobre 2007
Made in China : le thermos à fleurs
Le thermos à fleurs n'est plus ce qu'il était. Il y a encore un an on en trouvait pour 1,5€ au fameux Monoprix local, le Jinkelong, qui alimente (tant qu'il est encore temps) copieusement cette rubrique Made in China, vous l'aurez compris.
Donc l'an dernier je me suis racheté l'emblématique thermos à fleurs que voici que voilà, objet symbole d'une Chine qui ne boit pas au robinet, fait bouillir son eau et boit du thé toute la journée. C'est en tout cas un des souvenirs du quotidien qui m'est resté de mon passage à Beida en 1995. Ah les allers retours à la citerne d'eau de l'étage de l'internat pour remplir mon gros thermos, l'odeur un peu particulière qui s'en dégageait, le bouchon de liège qu'on enfonçait d'un coup de poing avant de lui visser son gobelet d'alu sur la tête.
Que reste-il de nos années thermos ? Les fontaines à eau électriques ont investi les appartements, les bureaux. Et puis les Chinois boivent de plus en plus de sodas, le Starbucks bat son plein ...
Ceci étant dit le thermos reste un produit phare du rayon ustensiles de cuisine, c'est donc qu'il doit encore servir. Mais la modernisation est passée par là, et le classique tout en métal de la marque Deer (daim) est à présent difficile à trouver dans la capitale.
A sa place, aux côtés des thermos hi-tech nouvelle génération, on trouve maintenant chez Carrefour, une version plus pastifiée du thermos Deer, déclinée en différentes couleurs (vert, bleu, blanc, rose, écru ...) avec toujours de larges roses écloses et chatoyantes. Un thermos allégé au niveau des coûts de fabrication, dont le prix de vente a légèrement augmenté, et qui n'est même plus vendu avec son bouchon de liège ... Ma bonne dame, c'est plus ce que c'était !
Enfin (soupir), ils sont chez Carrefour donc, pour 1,99€. Ou, si vous habitez en France, vous en trouverez des tout petits chez Antoine et Lili, pour 15 ou 20€, j'ai oublié le prix.
Aujourd'hui c'est la fête nationale chinoise, mais c'est aussi l'anniversaire de ma maman ! Bon anniversaire maman, plein de bisous fleuris !
29 septembre 2007
Qipao chocolat
Et voilà le résultat de quinze jours d'attente insoutenable, je ne suis pas mécontente ! Pour une première qipao sur mesure, c'est pas mal.
Elle est sortie guincher dès son premier soir, mais un léger défaut de fabrication est apparu.
Les boutons sont trop petits (ou les boutonnières trop grandes ...) ce qui fait que je suis condamnée à rester le plus immobile possible sinon je risque à tout moment d'offrir un spectacle gratuit pour tous, ce qui serait assez gênant quand on porte une qipao aussi élégante, n'est-il pas ? J'ai réussi à gérer la situation pour cette première, mais depuis elle a rejoint ses copains les jeans dans mon armoire en attendant que je trouve une solution à ce problème boutonneux.
20 septembre 2007
In the mood for robe
On a toutes, tous, en tête, la silhouette évanescente et longiligne de Maggy Cheung dans le film In the Mood for Love, dans ses défilés de qipao toutes plus belles les unes que les autres. Ces robes cousues sur elle dans des tissus de soie aux imprimés tantôt fleuris, tantôt unis. On rêve toutes d'en avoir une qui soit la notre, unique.
Au cours d'une de mes multiples balades à vélo dans Pékin, je passais l'autre jour sur Chaoyangmen Neidajie, et mon regard à l'affût s'est arrêté sur ce bâtiment gris de type chinois, à deux niveaux, visiblement un marché. Je rentre, et là je m'aperçois que je suis ni plus ni moins, en plein marché Saint-Pierre, ce marché parisien du tissu, au pied de Montmartre.
Tout y est. La soie, le cachemire, le coton, le batik, les imprimés kitch grosses fleurs, les tissus pour les rideaux, les tissus pour les costumes, le strass, les paillettes, les boutons, ... tout. Plus de choix qu'au Yashow et au Silk Market réunis, sans les vendeuses qui vous agrippent et ne vous lâchent plus, sans les cars de touristes.
Je déambule dans les rayons, caresse les tissus en rêvant d'une robe - purée, deux ans que je suis là et j'ai toujours pas ma qipao ! Evidemment au bout d'un certain temps je suis repérée et une vendeuse vient finalement me voir.
- C'est un joli tissu pour une qipao !
- Hmpf ... moui ... je regarde ... merci
Souvenirs. Maggie Cheung un soir va chercher son bol de nouilles dans la moiteur estivale des rues de Hong Kong, elle croise Tony Leung dans l'escalier. Purée il me faut une qipao, c'est limite une faute de goût de pas en avoir, merde !
- euh juste pour savoir ... à votre avis il me faut combien de tissu pour une qipao courte, juste pour savoir ?
- 1,60m.
- oh. si peu ?
Et voilà. Je suis foutue. J'ai posé une question. J'ai fait un pas en avant vers la qipao, je suis engagée dans le processus de la qipao, je vais sortir de là avec un bon de commande et des sous en moins.
Ensuite, je ne me rappelle plus de rien. Enfin presque. Consultation d'un album de photos avec différentes coupes de robes, des rouleaux de soie, le choix des boutons, un mètre couturier qui court sur moi et me mesure sous tous les angles : des épaules à la taille, de la taille aux genoux, tour de poitrine, tour des hanches, tour de taille, tour des bras, de l'épaule à l'arrêt de la future manche ... la couturière effectue une pression sur mon épaule et me demande de me tenir droite.
- Ton épaule gauche est plus haute que la droite !
- Et t'as pas vu mes oreilles !
Tout est noté sur un bout de papier rose, la qipao se concrétise, se dessine sur le bon de commande, et surtout dans ma tête. Ma première robe sur mesure. Personne d'autre que moi ne pourra (et surtout n'aura le droit, non mais oh) de la porter. Suis toute émue.
Soie du Xinjiang, muslim silk, ça tombe bien, c'est ramadan. Marron chocolat, imprimé marron chocolat, avec des petits boutons (trois séries de trois, 9 en tout donc, chiffre porte bonheur) en bronze sur le devant. Coupe et imprimé non conventionnels, nous verrons bien.
Premier essai cette semaine. Bientôt, j'ai rendez-vous avec ma robe. A moi le bol de nouilles, à moi Tony Leung.
C'est où ?
Y-bazaar
Chaoyangmen Neidajie
au niveau de l'arrêt Dongsilukoudong des bus 101, 112, 109, 420 et de la future station de métro Dongsi.
