16 mars 2008
Made in China : la poussette en bambou

Cela faisait longtemps que je n'avais pas parlé de ces objets chinois du quotidien, qui disparaissent à mesure qu'ils sont remplacés par les produits manufacturés que chacun peut trouver dans tous les Carrefour du monde.
Après le thermos fleuri, la toile cirée, le pot à thé, les serviettes éponge et les Feiyue, qu'est-ce-que j'allais bien pouvoir épingler ?
Tadaa. La poussette en bambou. Difficile de ne pas s'émouvoir devant ce petit chef d'œuvre de simplicité, que l'on voit encore dans quelques hutongs, poussées la plupart du temps par les grands-mères, qui papotent entre elles tout en s'occupant de leurs petits-enfants. Certaines y promènent aussi leurs petits chiens.
Evidemment, bébé ou pas, on en veut une chez soi. Et en attendant d'y promener sa propre progéniture, pourquoi ne pas lui trouver une utilité toute esthétique ? Range revues, panier du chat, support pour mini jardinet ... les solutions sont multiples. Comme les tailles et les styles. Celle-ci est la plus petite (pour enfant unique !), mais il en existe pour jumeaux, avec bancs rouges et grande poignée des deux côtés.
Très ingénieuse elle peut aussi se transformer en petit chariot, car les deux assises en bambou sont amovibles. On ne fait pas mieux au pays de la poussette, ni au pays du bambou.
La plus petite, 9 €
Où la trouver ?
Dans les quincailleries de Dongsi Beidajie.
12 mars 2008
Kafka



Le shopping, c'est souvent kafkaïen en ce qui me concerne. Pas chez Kafka. Je m'explique. Kafka est un petit magasin de fringues étrange, qui mélange vintage et horreurs. Les deux allant parfois de paire. J'aime bien cet endroit parce que le verdict y est très simple en ce qui me concerne, c'est soit "ouhaaaa j'adooore", soit "bucket please!" (je traduis pas). J'y passe régulièrement, et c'est très rare que j'en ressorte les mains vides. La vendeuse me reconnait, parfois je pousse même le vice jusqu'à y aller quand je porte un truc que je lui ai acheté, pour lui montrer. Ça la fait rire, et moi aussi. Ils nous en faut peu. Elle sait que ce que j'aime chez elle c'est les robes courtes, un peu sixties. Quand je tombe sur un jour où justement elle en a une, j'ai l'impression d'être la reine du shopping, toujours sur les bons coups. Alors que certainement, rien n'est dû au hasard.
C'est où ?
Kafka, 22 Dongzhong Street, Dongcheng District, 100027 Beijing
08 mars 2008
La Chine change

Juste avant le nouvel an chinois, j'ai reçu dans ma boîte aux lettres, un bien étrange courrier. Une enveloppe épaisse, remplie de différents documents. Une carte de vœux me souhaitant une bonne année 2008 et un joyeux Noël, un DVD, un cédérom et un livre. Le tout accompagné d'une carte de visite, celle de Tai Lihua, directrice artistique de My Dream.
My dream, my dream ... ça ne vous rappelle rien ? ("One World, one Dream" ... le slogan des jeux olympiques).
Au premier abord, j'ai pensé à une secte. Des images de déesses bouddhiques aux mille bras, auréolées de slogans plus que suspects ("Wishing the world harmony and happiness", "Blessings on you" ...) un mélange de soupe religieuse et images dégoulinantes de mièvrerie. Et puis ... bon sang mais c'est bien sûr ! C'est le Parti qui m'écrit ! Qui d'autre que l'auteur de ce fantasme de "société harmonieuse" pourrait souhaiter au monde "bonheur et harmonie" ?
Le tout est très bien ficelé, "on" y a mis les moyens. Tout écrit en anglais, ce dossier de presse à destination des étrangers, est un redoutable outil de communication. Inattaquable, puisque consacré aux handicapés. Total respect. My Dream, projet artistique de la Troupe des Artistes Handicapés de Chine financée par le gouvernement (d'où les gros moyens), présente des concerts, des numéros de danse et d'acrobaties, dont les scripts sont de toute évidence le fruit de la créativité de l'artiste qui réchauffe de ses chants et poèmes, le Palais du Peuple.
Prenons par exemple le texte de cet inquiétant ballet, "Yellow Earth" (Terre jaune) :
A philosopher once observed that the yellow earth is the cradle of the Chinese nation.
A farmer said that people will not starve to death as long as there is yellow earth.
For centuries, the Loess Plateau has been fascinating its inhabitants.
As our yearnings remain unchanged the hope of the nation is soaring to heaven.
Un jour, un philosophe a remarqué que la terre jaune est le berceau de la nation chinoise.
Un paysan a dit que les gens ne mourront jamais de faim tant que la terre sera jaune.
Pendant des siècles, le Plateau de Loess a fasciné ses habitants.
Alors que nos ardeurs demeurent inchangées, l'espoir de la nation s'élance vers le ciel.
Alléluia.
My Dream et ses centaines d'artistes sourds, aveugles, handicapés moteur, amputés (ils sont donc là ! je me disais aussi, on les voit jamais dans les rues !), a voyagé partout dans le monde pour propager l'harmonie. De nombreuses pages du livre sont consacrées aux témoignages des cinquante pays qui se sont émerveillés devant le spectacle. Tout le monde est joyeux, tout le monde sourit, les entraînements se passent sans souffrances, dans l'épanouissement le plus total, jusqu'au final éblouissant où les artistes saluent les spectateurs, sous les cieux rouges ... de la Chine rouge.
Arf.
Difficile de ne pas faire de rapprochement avec d'autres sourires, d'autres soleils rouges. La seule différence entre l'image du haut et celle du bas, semble être la tête de Mao. Et encore, je suis sûre qu'en grattant un peu, on trouvera une image cachée dans les nuages, le portrait de Hu Jintao subliminal !
Enfin bon, maintenant ils ont des portables et des voitures, et ils peuvent acheter des appartements le long du cinquième périph, si ça c'est pas du changement en profondeur !
Je vous souhaite à tous harmonie et bonheur (mon dieu, ils m'ont eue !).

Le président Mao est le soleil rouge dans nos coeurs.
Photo: mydream.org.cn
Affiche: maopost.com
01 mars 2008
Mille jours à Pékin avec Maurice Ciantar

Deuxième livre de cette nouvelle rubrique "bouquins", les Mille Jours à Pékin de Maurice Ciantar, sont mon livre de chevet depuis Noël. Hum, oui bon, deux mois pour lire un livre, ça n'est pas glorieux. Mais j'ai fait des pauses Guy Deslile, et des pauses tout court ... Ils sont copieux ces 1000 jours, difficile de les lire d'une traite.
Depuis ce jour de 1988 où j'ai manifesté mon intérêt (sorti de nulle part) pour la Chine, mon père met de côté et me donne dès que l'occasion s'en présente, des livres à son sujet. Depuis vingt ans donc. Bientôt je vais ouvrir un petit bibliobus spécial Chine. Et donc comme je suis une fille assez ingrate, je ne lis pas toujours tout ce que mon généreux papa m'offre concernant la Chine, ce qui est impardonnable. Enfin disons que je ne les lis pas tout de suite, - je me rattrape, il ne faudrait pas non plus qu'en lisant ce post il en tire la conclusion que ce temps passé à m'instruire est vain et qu'il décide de couper mes ressources livresques !
Et donc, le dernier de la liste se trouve être ce journal de Maurice Ciantar, écrit il y a quarante ans, entre 1965 et 1968, lors d'un séjour de trois ans à Pékin, en pleine révolution culturelle. Il était alors correcteur à Pékin Informations, organe de presse officiel. Comme tous les étrangers à cette époque à Pékin, il vivait à l'hôtel de l'Amitié, le fameux Youyi Binguan. Hôtel qu'il finira par nommer l'hôtel de l'"Inimitié", tant l'entretien des lieux sera laissé en jachère, pendant ces années de Révolution qu'il qualifie tout au long du livre, d'"inculturelle".
Son nom ne vous dit peut-être rien car il est décédé en 1990, un peu dans l'oubli, après avoir connu dans les années 60 une certaine notorité en tant que journaliste, écrivain, polémiste, râleur indomptable ... Baroudeur aussi, puisque parti trois ans à Pékin, pendant lesquels il écrivit ce livre. Témoignage unique en son genre, celui d'un dandy aux tempes grisonnantes, pas communiste du tout, et qui partagera son quotidien avec des étrangers quasiment tous maoïstes, venus vivre la Révolution pour de vrai. Qu'écrirait-il aujourd'hui !
Récit passionnant, souvent dérangeant car sans complaisance, de la vie d'un vieux solitaire désabusé par ces contemporains qu'ils soient Chinois ou Occidentaux, amoureux des femmes et donc très frustré pendant ces années de filles en pantalon douces comme des maraîchers le samedi à 3h sur Rungis, et surtout, et c'est ce qui rend ce livre parfois difficile à lire, adepte d'une écriture académique très fouillée, qui nécessite parfois, le recours au dictionnaire.
Un livre certainement difficile à trouver en dehors des brocantes, mais qui est un régal pour qui s'intéresse à la Chine et aux Chinois, tant il aide à comprendre la société d'aujourd'hui, et tant certains parallèles sont possibles entre les laowai (étrangers) d'hier, et ceux de maintenant. Sans parler du simple fait qu'il permet de connaître le quotidien pékinois de la désastreuse révolution culturelle.
Mille jours à Pékin, Maurice Ciantar. Editions Gallimard, 1969.
Photo : ledilettante.com
21 février 2008
Beijing Bloggers Party ... c'est reparty !

Mes plates excuses à Isamu pour le retard dans la mise en ligne de l'annonce sur mon blog ! Et combien je lui suis reconnaissante de nous avoir conconcté une si belle invitation pour la 7ème Beijing Bloggers Party !
Donc, ça y est, enfin, après des mois et des mois de désert partiesque, vous êtes tous les bienvenus vendredi 29 février à partir de 21h, au Bed Bar qu'on ne présente plus.
A la semaine prochaine !
12 février 2008
Saint-Lamentin
Saint-Lamentin oblige, place à la polésie (je pressens une revigoration des commentaires, bande de petits canaillous). Donc place à la polésie, avec cette souperbe couve du supplément de Marie Claire Chine de février, pleine de sous-enfendus ... tendus ! rhôôôô
Bon déjà, nous sommes bien en Chine (vous savez ce pays dirigé par un régime totalitaire implacable, on l'oublie si souvent, dont les dirigeants sont, pour sûr, moins poilants, enfin moins à poil en tout cas, que Nicolas et Carla). Donc, superbe maquette, titre rose élégamment placé, tout dans la finesse subliminale, vraiment inspiré le graphiste (par la leçon numéro 8 d'octobre du calendrier Aubade, mm ? très ressemblant en tout cas ...) qui nous invite à découvrir "Le livret des (r)évolutions en matière de sesque".
Alors moi je dis, "est-ce que c'est pas un peu précipiter les choses en cette veille de Saint-Lamentin ?". Et d'abord "qui peut me prêter les DVD des épisodes de La Chine de deux mains" que visiblement j'ai loupés vu que la dernière fois qu'on a fêté la Saint Lamentin en Chine, on en était pas là du tout, ou alors j'ai vraiment regardé les pétards du Nouvel an de trop près.
Ça y est ? Tous à poil en Chine ?
C'est une blagouze alors l'interdiction de tournage en Chine du film Shanghai avec Gong Li, rapport aux scènes de sesque et de prostitution, tout ça tout ça ... ? Et aussi les découpages d'images trop, trop, enfin de la moitié des images de "Lust, Caution" ... ah non mais là ça va pas être possible, on voit son pied gauche c'est dégoûtant, bârk ! shlak !
En même temps, de quoi s'agit-il vraiment dans ce supplément s'annonçant chaud bouillant ? Bon, on rattrapera pas ceux qui se sont déjà carapatés au kiosque à journaux avant même de finir de lire ce post, mais pour ceux qui sont encore là, dépensez plutôt vos 20 kuais en fleurs pour votre chéri(e). C'est la super arnaque. Y a rien de rien. Nofingatole. Nada. Pas un string, pas un téton, rien. Quand je vous dis que c'est la Saint Lamentin ! Des photos d'acteurs et d'actrices tout habillés et élus comme étant les personnalités les plus sesquy de ces dix dernières années, un reportage sur des femmes occidentales qui font du tourisme sesquel en Afrique, sur les sesque shop, des tests, des jeux, ...
Mais surtout, ce qui frappe le plus dans ce supplément (et là vous vous dites que je suis vraiment timbrée de remarquer un truc pareil), c'est que les seules et uniques photos de personnalités chinoises sont tout à la fin, dans l'horoscope. Car selon ce magazine, le sesque*, ce sont les Occidentaux et les Africains qui le font, c'est tout. Les autres, ils lisent l'horoscope. Quand on parle de sesque en Chine, on utilise des images de laowai (étrangers) et pis c'est tout. On sait jamais, des fois que ça inciterait les Chinois à faire le sesque ! Ce qui est très logique quand on voit le nombre de sesque shops et de pseudos salons de coiffure qui jalonnent les rues de Pékin. Soupir. Bref.
Tout ça pour dire que je vois pas bien l'intérêt de publier un magazine qui ne s'adresse pas spécifiquement à son lectorat. (Enfin entre nous je vois pas l'intérêt tout court de ce supplément, même si j'ai pas pu m'empêcher d'acheter le magazine, mais c'est pour les besoins du blog bien entendu, meuh oui).
Mais je suis naïve. Je crois toujours qu'il y a une raison intelligente de faire les choses.
Bon, tout ça ne doit pas être une raison de se lamenter !
*ce subtil mot masqué m'évitera les égarés de Google vous l'aurez compris ...
09 février 2008
J'en fais quoi de ce Tupperware ?
Ah enfin un post shopping ! On commençait à s'ennuyer ferme sur ce blog !
Toujours dans ce centre commercial Ginza Mall de Dongzhimen, se trouve une boutique Tupperware. Oui mais attention, pas des Tupperwares de mémère qui s'échangent lors d'obscures réunions canapé chez les unes chez les autres. De jolis Tupperware design, de ceux qu'on se demande quand on les voit "Il m'en faut absolument au moins un, qu'est ce que je pourrais bien mettre dedans ? Je vais trouver, laisse-moi juste réfléchir deux minutes ..."
J'en étais à ce stade de la réflexion faisant mine d'hésiter sur les motifs que j'avais déjà choisis depuis dix minutes, sous le regard inquiet de la vendeuse qui m'avait énuméré tous les usages possibles de ces gobelets et de leurs deux différents couvercles, un normal, et un muni d'un bec verseur.
Lasse de réfléchir j'ai pris les deux, et c'est une fois dans ma cuisine que j'ai trouvé comment les utiliser. Un pour transporter ma dose de carottes crues pour la journée (bon pour la peau, rend aimable ...) et l'autre pour stocker mes graines de lin moulues. Mais ça, c'est une autre histoire ...
06 février 2008
Rat

" Rappelle-toi, la vie est courte, enfreins les règles, pardonne vite, embrasse lentement, aime vraiment, ris sans retenue, et ne regrette jamais rien qui t'ait fait sourire. Bonne fête du printemps ! "
Texto de Jiachun, un ami chinois, reçu ce soir, pendant que dehors les pétards grondent, et les rats effrayés, se cachent sous terre. Très bonne année chinoise à tous !
03 février 2008
Raaaaaaah !
Non alors ! L'année du Rat commence très mal, je vous le dis. Le Canada nous envoie sa gueularde chanteuse, C'line Diân ! Comme s'il n'y avait pas assez de grues et de bruit comme ça dans Pékin !
Espérons que sa coiffure ne passe jamais la douane.
- Hâââ ? 这是什么样的头发? 不行不行! 回去加拿大吧!
- Koué ? Qu'euce qu'y grimone lo ?
Et ça serait mieux pour elle en tout cas parce qu'avec toute
l'électricité statique qu'il y a ici à Pékin, inutile de gonfler le volume à ce point.
Vouf ! ça gonfle tout seul.
Ou à défaut, que les salves des pétards du Nouvel an la fassent fuir avec tous les autres démons et autres fantômes, c'est leur boulot après tout aux pétards du Nouvel an chinois !
Bon, c'est décidé, moi aussi cette année, j'en achète une grosse bouéte ... ça sera mon cierge pour un mois d'avril sans C'line Diân.
02 février 2008
T'as voulu voir Vesoul
Vesoul, Vesoul ... vous connaissez ? Saucisse de Morteau, Cancoillotte (arf!) et Vin de paille, et bien sûr les deux lignes de Brel "T'as voulu voir Vesoul et on a vu Vesoul" ... moins glamour que les homards, coupes de Champagne et tapis rouge de Cannes, et pourtant, dans cette petite ville de Franche-Comté de moins de 20 000 habitants, rayonnent depuis maintenant 14 ans, les lumières des projecteurs du cinéma asiatique. Où comment un lieu improbable devient un passage obligé.
Cette année le Festival International du Film Asiatique a lieu du 29 janvier au 5 février, on est en plein dedans.
L'occasion de découvrir ce site consacré au cinéma chinois, Chinacinema, créé et mis à jour depuis un an par un passionné et professionnel du film chinois, Damien Paccellieri. Rédacteur et documentaliste, il passe visiblement beaucoup de temps à alimenter son site, rédigeant lui-même les fiches d'information sur les acteurs, réalisateurs et films. Il met également en ligne tout plein de bandes annonce. Et pour finir, il fait partie du jury du FICA, et partage au quotidien sur son site, l'actualité du Festival.
Vous allez vouloir voir Vesoul !
