20 septembre 2006
Pékin la fleurie
L'autre
jour en rentrant chez moi à vélo, je passais le long des allées
fleuries et généreusement garnies d'épais gazon, quand je vis les
jardiniers de la ville affairés à arracher des parterres de fleurs
entiers, à grands coups de pelles sans pitié, balançant sur la chaussée
des cadavres de plants morts. Cui cui.
Horreur.
Je commençais tout
juste à m'habituer à vivre dans une ville où nombre de rues sont aussi
colorées et entretenues que des balcons autrichiens médaillés d'or aux
compétitions florales (parfois même on croit voir des nains de jardin
danser la carioca), que déjà les employés municipaux préparent
l'inévitable. L'hiver.
Ah non! pas déjà.
Alors avant que toutes ces jolies pensées,
marguerites, et autres bégonias ne tombent dans l'oubli collectif, je
vous montre par quatre petites images, que non, Pékin n'est pas une
ville grise, et que ce fut bien agréable de pédaler dans la verdure.
08 septembre 2006
C'est dur le choc culturel
Ce
qui est difficile quand on vit dans un pays aussi éloigné à tous points de vue que l'est la Chine
(oui d'accord, la Corée, le Japon, la Nouvelle Zélande etc ... sont encore plus loin,
mais admettez que la Chine c'est pas la porte à côté de la boulangerie Chez Mireille), c'est qu'on perd tous ses repères.
On vit un vrai choc culturel.
On doit sans arrêt s'adapter à tout, à la langue ("écoute mon gars, si tu persistes à parler le chinois du sud du Guangxi avec ton accent du Hubei comment VEUX-tu qu'on commence un début de conversation ?), à la cuisine (ah bon, c'est meilleur bouilli que frit la cervelle de porc ?), aux moyens de locomation ("je vais à ... oh et puis laisse tomber, j'y vais à pieds) etc ... pfff c'est fatigant.
C'est vrai, tout est teeeellement
différent ici. Même les chinois ne se comprennent pas eux-mêmes
parfois, c'est vous dire. Si si, j'ai encore expérimenté ça ce matin
avec Zhennan ma proprio, au commissariat, pour mon enregistrement qui
dit que je suis une résidente pékinoise tout ce qu'il y a de plus enregistré, tamponné, archivé, classé, on t'a à l'oeil. Et bien figurez vous que Zhennan qui n'est pas plus pékinoise que moi finalement (elle vient de Taiyuan), va être obligée de s'enregistrer au commissariat elle aussi, et que ses formalités à elle sont beaucoup plus compliquées que les miennes. Tout un tas de papiers à l'utilité obscure vont lui être demandés.
Bref, tout ça pour dire, qu'en fin de compte, quand j'introduis la petite clef (gniiiiiiii ... clef = porte-clefs = San Francisco = perdu ouiiiiiin, poquééé ?) dans la boîte aux lettres, j'attends et j'espère du bon gros courrier français qui tâche, avec des images qui me rappellent ma vie d'avant (pfiou, bientôt un an sans "rentrer maison", ça déglingue), des mots qui me bercent comme me berçait ma maman quand j'étais petite. Bon sang, de temps en temps, on a besoin de revenir.
Thank god, il y a les amis qui rendent visitent, les mails, Yahoo Messenger ... et les multinachionoles. Bon, ça ne remplace pas des vacances en France à la maison je vous l'accorde, mais quelle nana pékinoise française me dira qu'elle n'a pas savouré son petit catalogue Ikéa dernièrement glissé dans sa boîte aux lettres ? Pour la petite histoire cette première édition chinoise est un condensé des produits bas prix d'Ikéa (39 pages seulement), nous n'avons pas de gros catalogues comme chez nous, celui qu'on feuillette des heures en cherchant des idées originales (eheh, ce qu'on peut être paradoxal des fois).
Et je ne suis pas encore allée voir le nouveau Décathlon de 5000 mètres carrés ouvert le 31 août à Pékin, mais je parie une baguette et un saucisson que ça sent la moquette bleue comme dans n'importe quel Décathlon.
Heureusement il y a la cervelle de porc et les pattes de poulet pour me rappeler que je suis en Chine.
什么??
05 septembre 2006
Hong Kong star
Oui, je sais, c'est easy comme titre mais c'est tout ce que j'ai trouvé pour résumer cette ville. Quelle star !
Que
de lumières, que de panoramas de cinéma ... quatre jours à marcher, la
tête renversée dans les étoiles des tours, les yeux gâtés par tant de
choses à voir. Tout l'espace visuel est occupé, tout l'espace
sonore est investi, on aperçoit juste quelques bouts de ciel, si on se
rapproche de la baie. Et puis comment dire, je vais encore me faire
disputer mais les hongkongais sont vraiment mignons ... plus mignons
que les pékinois. A moins que ce soit leurs vêtements. Sûr, ils ont plus
de moyens. Les filles sont belles aussi, mais pas plus qu'à Pékin, mais
elles sont mieux habillées, et parfaitement maquillées, comme des
japonaises. Tous sont impossibles à prendre en photo, trop nombreux,
trop speed, trop pendus au portable. Si on s'arrête de marcher, on se
fait écraser. Difficile de faire le point dans ces conditions. Voilà
pour mes excuses.
J'ai quand même ouvert un petit album photos, pour
vous faire partager l'univers urbain de Hong Kong, et de sa voisine
Kowloon. C'est par ici.
Oh et puis écoutez ceci,
que je dédicace à Jen, qui m'a tant fait rire dans un commentaire avec "son thermos à nouilles".
14 août 2006
[pause]

M'est avis que je vous ai bien abreuvés d'écrits ces derniers temps. Faisons comme en musique, laissons la place à un soupir. Hier je mettais à jour mon site avec de nouvelles photos
prises cet été, dans le Fujian, le Guangxi, à Shanghaï, quand deux
d'entre elles me sont parues curieusement ressemblantes.
Etages
verts et humides des rizières en terrasses de Longsheng, étages ivoire
et feutrés de la majestueuse tour Jinmao à Shanghaï ... quand la main
de l'homme sculpte la nature ou quand elle construit une tour, tout est question
d'équilibre entre le fonctionnel, et le sublime.
Musique douce pour méditer sur la hauteur, et la rondeur des choses ...
22 juillet 2006
Pékin Plage
Depuis
hier vendredi, il se passe à Pékin quelque chose de suffisamment
attendu et incroyable que ça mérite bien un post. Nous voyons le ciel.
Le ciel est donc bleu, ah oui c'est vrai. Nous l'avions un peu oublié
par ici. Il s'accompagne d'un peu de vent, mais ici le vent on
l'aime bien, il chasse les nuages. Conditions idéales pour improviser
un Pékin Plage.
Deux minutes de vélo et me voilà au Parc Chao Yang, confortablement
installée en mode lézard, avec pour seuls voisins un lampadaire, des
arbres, et pour unique bande son, des criquets. Je suis la seule au
soleil, les chinois préfèrent l'ombre. Pas de conversation débile à tenir du genre:
- salut poupée, t'es seule, je peux m'assoir ? tu lis quoi ?
- je lis "Dégage" aux éditions Immédiatement
- radasse
- toi-même
etc ...
Dépliage de jambes et de Biba, éteignage de portable, aaaaaaaah. Demain je reviens. 
Quand
même une info, aller voir American Dreamz si ce n'est déjà fait, ne
soyez pas découragés par les premières minutes. C'est surprenant,
drôle, et Hugh Grant n'a pas un rôle de gendre idéal pour une fois.
01 juillet 2006
Sur la route des hakkas : Gulang Yu, première étape
Nous partîmes 500 2, mais par un prompt renfort,
Nous nous vîmes 3000, en arrivant au port ...
Car ils sont nombreux les touristes chinois, et se déplacent en groupe, drapeautés et casquettés, celui (plus souvent celle) qui se trouve en tête est généralement armé d'un haut parleur dans lequel il elle hurle des versets touristiques de façon résolument mécanique ... Mais là n'est pas le sujet de ce post.
Zoup! je rembobine et la refais ...
Nous partîmes donc à la recherche des tǔlóu
土楼, ma dernière lubie en date. Je vous parlerai de ces maisons de
hakka(ak) dans un futur post. Pour les atteindre, nous avons traversé
79
montagnes, 10 000 fleuves, deux gares, un aéroport et autant de ports.
Nous avons utilisé tous les moyens de transport possible excepté les
animaux à quatre pattes et la Papamobile.
La première étape, l'île de Gulang Yu,
dans la province du Fujian, vaut le détour. A cinq minutes de ferry de
Xiamen, cette petite île de 15 000 âmes est aussi paisible que
mystérieuse. Ancienne colonie étrangère internationale, Gulang Yu 鼓浪屿 (zzz
... ça veut dire "île assoupie") a
gardé l'architecture de son passé, si bien qu'en se perdant dans ses
ruelles on
a parfois peine à croire qu'on est en Chine. Tous les véhicules
motorisés sont interdits sur l'île, et les vélos ne sont pas nombreux
car si l'île est assoupie, elle est loin d'être raplapla(te). Et c'est
vraiment dans ses hauteurs que l'île vous récompense de vos efforts de
grimpeurs, les maisons sont sublimes, les lianes tombant des arbres
sont imposantes, la végétation (en ce moment) luxuriante.

Difficile
de se croire en Chine, surtout si on choisit de poser son sac à dos
dans une chambre d'hôtes tenue par un français (on est routard ou on
l'est pas), dans la rue de Bi Shan Lu
笔山路. J'ai oublié le nom de l'endroit mais je suis sûre que ces images
de petit déjeuner sur la terrasse avec vue sur Xiamen vous motiveront à
le chercher si vous souhaitez séjourner à Gulang Yu.
Le soleil vient de se lever, encore une belle journée, lalala ... Bon ok, c'est légèrement abusé ce petit déjeuner de princesse, mais la route est longue jusqu'aux tǔlóu,
et arrivés là-bas qui sait ce qu'il va nous tomber sur la tête ? Avec
tous ces orages, ces pluies torrentielles qui lessivent les rues, un
peu de réconfort, c'est indispensable pour repartir gonflés à bloc.

Bon, c'est pas tout ça, faut que je repasse mon maillot de foot.
Allez les Bleus ! Allez Zizou !
16 juin 2006
Shanghai
(pardon pour l'absence totale d'accentuation, je vous ecris d'un web bar local)
A Shanghai depuis hier soir... pardon, Shanghouze, la ville de nos amis les bloggers du sud, j'etudie les particularites de nos amis a l'accent etrange. Tout comme les Pekinois, les Shanghaiens aiment bien danser la rumba a 7h30 devant les centres commerciaux avant d'aller bosser. Les femmes font leur gymnastique de l'evantail, et certains s'adonnent au Jokari, jeu que les moins de 35 ans ne peuvent pas connaitre. Il m'a d'ailleurs semble reconnaitre Julien Delerue mais ne voulant pas le mettre dans l'embarras j'ai poursuivi ma route comme si tout etait normal.
Tous les efforts que j'ai mis ces huit derniers mois a enregistrer dans mon pauvre cerveau les points cardinaux essentiels a Pekin, sont ici inutiles. Aucune rigueur dans cette ville. Shanghai est une ville compliquee, tortueuse, qui vrille dans tous les sens. En plus il y a beaucoup moins de policiers. Bref, c'est le bordel.
Ceci expliquant cela, les Shanghaiens ne font pas de velo et ils conduisent encore plus mal que les Pekinois. A 23h30, un vendredi soir, les magasins sont deja fermes, et le metro aussi. Il n'y a pas autant de restaurants qu'a Pekin mais celui ou j'ai dine ce soir (Simply Thai, a Dong Ping lu) etait delicieux ... si j'oublie la blatte de 15 centimetres de long et six de large qui a traverse la salle de restaurant sous l'oeil revulse des clients. D'apres la serveuse elle revenait de la terrasse (ben oui quoi, c'est notre blatte a nous, elle avait froid, voila) ...
La tour Jin Mao sur Pudong, est tout simplement renversante, a voir absolument.
Demain, direction Suzhou, et ensuite, le Fujian et les maisons des Hakkas ...
07 juin 2006
Pingyao artcraft
Vive le blog. Mon blog est actuellement mon unique moyen de communication avec le monde extérieur. Je cumule en ce moment problème de téléphone portable inopérant, et problème de Gmail inaccessible depuis trop longtemps ... bouh. Canalblog je t'aime, ne me lâche pas hein.
Enfin, en attendant que je retrouve une vie sociale normale, voici une petite balade dans
Pingyao, comme je vous l'avais promise. Côté artisanat.
Si vous avez la chance d'aller un jour à Pingyao, vous reviendrez certainement avec des sandales en tissus, brodées pour les femmes, ou toutes simples et noires pour les hommes. Ne vous prenez pas la tête 107 ans pour marchander, les artisans de Pingyao se sont visiblement ligués pour maintenir le prix de la sandale à 60 kuais la paire. J'ai beaucoup aimé aussi cette petite boutique d'accessoires pour vélo, avec ses housses de selle qui ressemblent à des casquettes, et celle du papier découpé.

23 mai 2006
Découverte de Ping Yao
Oui oui, je vais vous conter Ping Yao,
mais pas tout d'un coup. Pour la minute culturelle, Ping Yao est
encerclée de remparts Ming de 6 km que l'on considère comme les
derniers remparts intacts en Chine. C'est une petite ville han traditionnelle,
son intérêt réside dans l'excellente conservation de ses temples et de
ses maisons. C'est tout petit, mais c'est tellement joli et si riche
visuellement, que je n'ai pas fini de vous en parler, photos et vidéo à
l'appui. Vous trouverez des infos dans tous les guides, c'est une étape
vivement recommandée.

Minute touristique : petits conseils que je
vous donne, louez des vélos et faites le tour de la ville en longeant
les remparts dès votre sortie du train à 5h30 du matin. Il n'y a
personne dans les rues à part des vieux et quelques fous occidentaux
échappés de l'asile qui font leur footing ;) j'ai rien contre les fous, mais le footing, bârk, ça tasse les os et ça rend la peau toute flagadade.
L'air est frais, vous
profitez pleinement des lieux, et il est toujours bon d'observer les
choses de l'extérieur avant de les approcher. Une fois que vous avez
fait le tour, choisissez une petite rue, entrez dans la ville et
perdez-vous dans ses ruelles étroites.

Dites bonjour à chaque personne
que vous croisez, c'est apprécié. Et posez votre sac au Tianyuankui, dans la rue du Sud, Nanjie.
Vous y serez très bien accueillis et la pitance est plus que bonne (185 kuais pour une chambre double et deux p'tits déj d'empereur).
Pour manger, inutile de se ruiner, un bol de nouilles sautées aux
légumes à 4 kuais c'est le bonheur assuré, on est pas loin des plaisirs
racontés par Lu Wenfu, dans son roman Vie et passion d'un gastronome chinois, livre que je vous recommande chaudement (même si ça se passe plutôt du côté de Suzhou). Dégustez aussi une crêpe dans la rue, elles sont fameuses, meilleures qu'à Pékin.

Par contre, une fois que vous êtes à Ping Yao, restez-y. C'est quasiment impossible de revenir sur Pékin. Sauf si vous aimez les voyages en train à la roots. Il n'y a jamais de places en couchette disponibles depuis Ping Yao vers Pékin. Mais bon, on est tellement bien à Ping Yao, pourquoi en sortir ? Prochain épisode dans quelques jours.
16 mai 2006
Le droit de s'asseoir
Je ne résiste pas à vous faire connaître cet article
dégoté par danwei.org cette semaine. Il s'agit du règlement concernant
l'usage du service d'autobus, dans une résidence de luxe à Shanghaï.
Cet
article date du 8 mai 2006. La plupart de l'équipe dirigeante de cette
résidence est occidentale. Ce règlement s'adresse aux Ayi qui
travaillent chez les riches résidents du Shanghai Racquet Club and
Apartments. Ayi en chinois veut dire "tante", c'est le terme usité pour
désigner l'aide ménagère, que la plupart des chinois aisés et étrangers
résidents en Chine, emploient pour faire le ménage, les courses, garder
les jeunes enfants, parfois faire la cuisine ...
Voici donc les trois points principaux de ce règlement traduits en français, vous pouvez lire la totalité de l'article ici.
"1. Les Ayi doivent présenter un titre de transport valide à chaque voyage. Pas de ticket = pas de voyage. Les résidents doivent signer une autorisation afin que l'Ayi puisse s'abonner au service du bus.
2. Les Ayi doivent s'asseoir sur les sièges du fond du bus.
3. Les Ayi ne doivent pas être chargées quand elles prennent le bus, et
doivent suivre les instructions du chauffeur s'il leur demande de
sortir du bus afin de faciliter le voyage des résidents."
On
devine que l'envie d'ouvrir une ligne "spéciale Ayi" a du démanger très
fort les décideurs de cette résidence, mais quelque chose a du les en
empêcher. On devine que Rosa Parks ne doit pas tous les jours reposer
en paix.

