Camillenchine, le blog d'une française à Pékin

Blog de Camille en Chine, la vie d'une française à Pékin - French blog in Beijing

29 novembre 2008

Je veux aller à l'école

MusicRadio

Bon, j'ai une nouvelle à vous annoncer, mais avant j'ai une annonce à vous faire écouter. Grâce à ma petite Yueping que voilà, des millions, que dis-je, des milliards de chinois peuvent m'entendre depuis hier et ce jusqu'au 12 décembre, sur la radio musicale chinoise, Music Radio. C'est pas la classe internationale ça ? Bon la classe chinoise alors ? non ? Bon allez la classe pékinoise disons. 

Un message de 15 secondes dédiés aux enfants du Sichuan pour lesquels la radio récolte des fonds qui serviront à reconstruire des écoles dans le cadre d'une action nationale intitulée "Wo yao shangxue*" (je veux aller à l'école), ou comment faire croire que je parle chinois couramment. Merci Yueping !

Ceux qui comprennent ce que je dis dans ce message ont gagné toute mon admiration.

A la demande générale, le message en chinois ! :
2008 MusicRadio 音乐之声我要上学
从成都到北京,一站接一站的爱心呼唤,一个城市到另一个城市的希望传递,为了孩子们追寻的心中的梦想,我们的行动永不停息! 我是法国食品协会的 Camille Levert.

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18 novembre 2008

Voyage au bout de mon doute

voyageauboutducharbon

Je viens de vivre l'expérience interactive la plus étrange que je connaisse. Étrange et perturbante. J'hésite à peine à donner mon avis brut de brut à ce sujet, tellement j'ai peur de me tromper, et de réaliser demain matin que je m'égare, que mon avis est tout à fait différent après une bonne nuit de sommeil. Oh et puis non. J'y vais.

J'adore Internet. Je suis une passionnée de photo, et je m'y colle dès que je peux, dès que je le sens surtout. J'aime l'image. J'aime aussi les histoires, et j'avoue avoir passé quelques heures sur des jeux vidéo scenarisés, Syberia particulièrement, une merveille. J'aime aussi la Chine, je m'intéresse à ce qui s'y passe, je lis les actus ... enfin bref j'ai le profil parfait de l'internaute pouvant être emmené au bout de ce Voyage au bout du charbon. Format interactif, utilisant le son, la vidéo, la photo, ce "webdocumentaire" est un multi-media qui vous fait "voyager" au coeur de la mine, dans la peau d'un journaliste. Diffusé sur le site du Monde qui titre dans une interview des auteurs, qu'il s'agit d'un "webdocumentaire au coeur de la réalité", ce film que l'on "visite" par la force des choses sur le mode du jeu vidéo, me laisse ... sceptique.

Je m'explique. Je trouve ce format formidable. J'adhère totalement, et il me plonge dans un océan de rêveries sans fin ... mon dieu mais c'est bien sûr ! Toutes les histoires que j'aimerais raconter de cette façon ! Moi qui rêve de raconter des choses, en photos, en vidéo, avec du son, ... ici c'est tout ça à la fois, et en plus le "lecteur", le voy(ag)eur, participe. C'est tellement drôle ! Tout au long de votre navigation vous cliquez sur des liens selon l'orientation que vous souhaitez donner à votre histoire. Car c'est "votre" histoire, c'est vous le héros. (Mais si, par la force des choses. Et c'est ce que les auteurs semblent avoir oublié)
Le livre dont vous êtes le héros. Vous avez lu ces livres étant ados ?

Oui mais ici, l'histoire, c'est celle des mineurs chinois qui tous les jours descendent dans des trous à des centaines de mètres sous terre, et n'ont aucune garantie de remonter un jour à la surface pour revoir la tronche de leur patron véreux qui les paiera ... ou pas.

Enfin, je ne sais pas.

Peut-être je suis rétrograde sur ce coup-là. Peut-être j'ai loupé un wagonnet. Peut-être je ne devrais pas faire d'humour sur ce sujet. Peut-être ils ont le droit de faire ça, un webdocumentaire avec une "approche ludique" (texto dans l'interview), où on invente une arrestation de journaliste au fond de la mine, pour le scénario, ... on est libre après tout, c'est vrai.

Mais c'est nécessaire de nous amuser pour nous intéresser à un sujet aussi grave ? On en est là ?

Peut-être je me pose tout un tas de questions inutiles.

Mais une chose est sûre, autant je trouve ce format génial pour une visite touristique, un "voyage", avec toute la charge divertissante et plaisante que le mot "voyage" suscite, toutes les possibilités de découvertes et de hasards que le voyage crée, autant je le trouve totalement inapproprié pour un sujet tel que les mineurs chinois. Je trouve que traiter un sujet d'actualité en employant ce médium, brouille encore plus les pistes entre la fiction et le réel, ce qui était pourtant, si j'ai bien compris, le contraire de ce que voulaient les auteurs.

Photos et textes. Moi ça me suffit. Documentaire vidéo. Documentaire radio.
Et si je change d'avis demain matin à mon réveil après une bonne nuit de sommeil, je vous le dirais.

starEt vous, vous en pensez quoi ?

Voyage au bout du charbon, de Samuel Bollendorff, photographe, et Abel Ségrétin, journaliste, produit par Arnaud Dressen.
L'interview des auteurs


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16 novembre 2008

Japanese fisherman boots

JapaneseFisherBoots

Depuis que je suis rentrée de Tokyo, je ne comprends pas pourquoi je ne vois personne en ville porter des bottes de pêcheur. Est-ce que le fait que ça n'aille avec rien est une raison suffisante ? Non, vraiment non.
En plus c'est faux. Ok, c'est pas sexy et totalement anti-féminin (quoique), mais ça va avec plein de trucs. Avec une mini en jean par exemple, et des collants en laine épais ça fonctionne très bien. Évidemment il faut passer outre les regards gênés que s'échangent les collègues chinois en se demandant si c'est du lard ou du cochon cette nouvelle mode. Passer outre également les regards d'à peu près toutes les personnes que vous croisez dans la rue. Les gens n'y connaissent rien.
Indestructible, la botte en caoutchouc de pêcheur, la toute fine qui brille, avec le haut de la semelle tout blanc et son petit liséré de la même couleur que la botte, est de plus, dotée d'une semelle extrêmement confortable. Vous avez l'impression de voler, un peu comme dans des feiyue. C'est vrai, vous avez aussi l'impression d'aller à la pêche aux moules moules moules, bon, et alors ?

En ce qui me concerne, c'est décidé, je les adopte ! Bonne pêche !

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07 novembre 2008

Aishiteiru Tokyo

Restotempura

Mais non je n'ai pas disparu une fois encore. J'étais juste ... ailleurs. 4 jours à Tokyo, en amoureux. Juste ce qu'il faut pour se prendre une grosse claque. Tokyo. Avant je pensais que c'était Hong Kong la ville la plus extraordinaire d'Asie. Mais en fait non, pas du tout. C'est Tokyo.

C'est bien simple, maintenant je songe sérieusement à me mettre au japonais, à repeindre mes murs aux couleurs de Muji (gris, bleu, marron), remplir mon frigo d'algues et de poissons, installer sur mes toilettes un superbe dispositif électronique permettant de chauffer la lunette, désodoriser la cuvette et de rincer mon postérieur au moyen de jets savants que l'on déclenche en appuyant sur des boutons (certains de ces dispositifs, qui nous renvoient au passage une image de sous-développés des lieux d'aisance, ont même une fonction(nalité) "sèche-fesses", le petit frère du sèche-cheveux ... pour sûr, les Japonais sont les talibans de l'hygiène postérieurale, de l'hygiène tout court, et pour sûr ils doivent nous prendre pour des vikings sortis des cavernes avec nos WC uniquement équipés de vulgaires chasses d'eau), enfin je reprends ... cacher mes dents avec ma main dès que je rigole (euh non pas ça, j'ai de belles dents, m'enfin !), parler tout bas et à toute vitesse en faisant plein de courbettes que mon interlocuteur me renverrait et ça n'en finirait jamais, manger mon bol de udon assise sur mes genoux, par mini bouchées composées de deux grains de riz et 2cm de long de poisson et ça n'en finirait jamais, me relever sur mes jambes arquées et puis le soir ... tout lâcher.

Mettre les collants résille les plus grillés que j'ai (c'est à dire qu'il faudra que je les fabrique, je vous rassure), mettre une perruque rose, passer des heures à choisir mes fringues pour être encore plus différente que mes copines déjà super lookées et ... différentes, tout simplement, passer la soirée avec elles dans les rues de Shinjuku à perdre des pièces de 100 yen dans les salles de jeux pour essayer de gagner des peluches Hello Kitty ou des barres chocolatées, battre le pavé sous la lumière de milliers de néons verticaux multicolores, du haut de mes talons de tueuse.

immeubleTokyo n'est pas une ville, c'est une page de bande-dessinée. Chaque bulle vous plonge dans un monde à part, en une journée vous traversez mille contrastes. Les sens humains ne sont pas assez développés pour pouvoir en profiter. On n'a pas assez d'yeux, de nez, le cou tourne pas assez, on est limité.
Et surtout ce qui frappe, c'est le silence. Le silence des trottoirs bondés de monde, silence brisé par le capharnaüm des salles de jeux (y entrer c'est mettre un pied en enfer), silence dans lequel on attend religieusement que le feu piéton passe au vert pour traverser, pas un pied qui dépasse sur la chaussée, même si la rue est déserte et qu'aucune voiture n'est visible, le silence de la discipline, l'art de présenter les choses, le rayon alimentation du magasin Isetan (y entrer c'est mettre un pied au paradis), la monochromie des façades, le fouillis des couleurs de tout ce qui les complète, les remplie, la fluidité de la circulation, l'absence de blocage, le calme, les vélos qui étincellent, les taxis qui reluisent, le poisson le plus frais de l'univers, partout, du poisson ... Aah, Tokyo ! Aishiteiru !   
 

starMon petit guide

Apprendre à faire des sushis
... des makis comme à Kimitsu
Découvrir Tokyo dans les yeux d'un photographe infographiste
Lire PingMag, le magazine en ligne des designers et des gens qui font des trucs,
et bien sûr re re voir Lost in Translation, écouter sa bo ...

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Posté par camillenchine à 00:56 - Japon - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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