Camillenchine, le blog d'une française à Pékin

Blog de Camille en Chine, la vie d'une française à Pékin - French blog in Beijing

17 octobre 2008

Il est temps de dormir

Avant que vous ne me jetiez des tomates farcies à la figure, je fais d'ores et déjà mon mea culpa, oui, ce post est ENCORE un post nombrilesque sur ma pauvre existence de working girl busy un poil dépassée n'ayant absolument rien à raconter qui n'ait un rapport plus ou moins rapproché avec son boulot ou avec ses tergiversations internes sur le pourquoi, le "où cours-je", le "où vais-je", et le "dans quel état j'ère". C'est fou comme on perd pied avec "la vraie vie" quand on a un boulot accaparant. Soyez patients mes chers lecteurs, je vous promets des lendemains meilleurs sur ce blog !

Récemment je me suis fait extrêmement pitié et j'ai voulu partager ce moment avec vous. Chais pas, pour voir si ça vous est déjà arrivé des grands moments de solitude comme ça.

Donc, en ce début de semaine, je suis partie en France pour un rendez-vous avec un client le mardi matin. Je vous épargne l'épreuve "avion" où je me suis retrouvée coincée dans un siège de 30 cm2, entre un touriste anglais parfumé à Transpi n°5, des effluves de bolinos chinois vomitives juste ce qu'il faut, un écran vidéo en panne, une lampe en panne (impossibilité de lire également donc), une brochette d'hôtesses troisième âge, et même pas un joli stewart à offrir à mes yeux en détresse. Et bien sûr une incapacité totale à dormir dans les transports. Un vrai voyage au septième ciel donc, d'une durée de dix heures trente, quand même. Ça laisse le temps de réfléchir sur son soi profond.

Lundi soir, veille du rendez-vous, je me retrouve dans ma chambre d'hôtel, et dans un élan de conscience professionnelle (de connaissance de mon moi profond sujet aux retards ?), je décide de régler deux réveils : celui de mon téléphone portable, et celui du téléphone de la chambre. Sur 7h. Parce que j'ai un premier rendez-vous avec mon boss à 8h pour faire le point. Je m'endors. Il est environ 23h.

C'est mon téléphone portable qui sonne en premier. Réveil difficile, j'aurais bien dormi plus (bon en même temps je me dis ça tous les matins). Je me lève donc et me dirige vers la fenêtre comme je fais tous les jours, pour voir si le monde est toujours là, si le ciel ne nous est pas tombé sur la tête pendant la nuit, si mon hôtel n'a pas été enlevé par les extra-terrestres, enfin pour voir quel temps pourri il fait quoi.

Nuit noire. Bon. En même temps on est en France, peut-être qu'il fait nuit noire en France à 7h du matin en ce moment, allez savoir. Ou peut-être que mon hôtel est dans le garage de la soucoupe volante des extra-terrestres et qu'il n'y a pas de lumière dans leur garage, pour faire des économies, tout est possible. De toute façon il y a forcément une explication à cette nuit noire, et la plus évidente m'échappe totalement à cet instant précis, croyez-le bien.

Donc je vais me doucher, me laver le visage, les dents, me maquiller, m'habiller. Dernier coup d'oeil par la fenêtre, nuit toujours noire. Purée c'est vrai, ils ont raison les gens, c'est déprimant la France.

Sac à main, ordinateur portable, clef, fermage de porte, ascenceur. Youpi, j'ai seulement 13 minutes de retard.

C'est quand je suis arrivée au rez-de-chaussée de l'hôtel, quand j'ai vu la salle du petit-déjeuner plongée dans le noir que j'ai commencé à avoir des doutes sur le monde qui m'entourait et surtout à avoir un gros pressentiment sur le bien fondé de ma présence à cet endroit, à cette heure-ci, avec mon ordi accroché à l'épaule et mon maquillage spécial "Des cernes, moi ? jamais !".

Complètement paumée dans la quatrième dimension de l'hôtel Mercure d'Angers (auquel il faut déjà peu pour entrer dans la quatrième dimension), je me dirige vers la réception, vide, derrière laquelle une horloge à cristaux liquides affiche un 2h13 tout bonnement inacceptable. Ah mais non, euh, non quoi. Non, non. Putain de bordel de merde. Un type sort de je ne sais où (de son lit assurément) et son "Bonsoir madame, que puis-je faire pour vous ?" tout naturel, me désespère (quel professionnalisme, ne rien laisser transparaître de sa stupeur de voir débouler une pauvre fille toute habillée avec son ordi, en pleine nuit, prête à entrer en réunion, quel gentleman).

Que répondre, à part "euh ... il est réellement 2h13 du matin là ?". "Euh ... bé oui". "Ah, ok. Vous êtes viré. Zut, je peux pas vous virer. Bon enfin, vous êtes un ignoble personnage. Bonne nuit."

Conclusion. Ne jamais, jamais oublier de régler son téléphone portable à l'heure locale. Surtout si on s'en sert comme réveil. Bonne nuit les petits.


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08 octobre 2008

Ripoulé ou pornouilles ?

plateauPendant très longtemps j'ai constaté que j'avais de plus en plus peur de l'avion, à mesure que je le prenais. Ça commençait généralement quelques jours avant le départ, où comme par hasard je tombais sur une dépêche relatant une catastrophe aérienne sur une compagnie improbable, ou un dysfonctionnement dans l'ouverture du train d'atterrissage sur un appareil de la compagnie que j'avais choisie pour mon vol. Des années durant, j'ai fait des cauchemars d'avion pendant la nuit qui précédait mon voyage. Et le jour du départ, comme de bien évidemment, mon estomac partait faire du karting dans ma jambe gauche pendant que mes boyaux jouaient à "Vis ma vie" et que mes mains et mes pieds suaient abondamment. Bref, la fête.

Sauf que depuis quelques temps, depuis une date que je n'arrive pas à dater justement, la tendance s'inverse, et sans aller jusqu'à dire que je suis tellement détendue au moment du décollage que mes peaux tombent, je dois reconnaître que je vis de moins en moins mal ces quelques minutes complètement surréalistes où un engin lourd comme trois baleines et gros comme la colline derrière la maison de mon enfance s'arrache du tarmac et s'envole dans les airs, avec à son bord quelques trois cents personnes et autant de valises dont certaines sont au régime (ou devraient s'y mettre ... les personnes hein, pas les valises, suivez ?), ce qui n'est pas fait pour le rendre plus léger, forcément.

Cet état de fait est complètement inexplicable d'autant que les voyages sont de plus en plus fréquents.

Mais ce soir, en rentrant de Shanghai, un début d'explication a jailli dans mon cerveau pressurisé à 9000 mètres du sol. Elles étaient là. Une de dos et l'autre de face, l'une poussant et l'autre tirant, avec leurs petits chignons bien faits et leur chariot caisson rempli de surprises dont aucune coupe de Champagne ne fait partie, croyez moi.

Elles s'approchaient de moi et c'est là que j'ai compris ce qui a supplanté mon angoisse. Une angoisse plus grande, tout simplement.

- Ripoulé ou pornouilles ?

Non, non non noooooon (gestes de désespoir, yeux implorants, pleurs, bave) ! Pas ça, pitié, pas encore ! Pas le supplice chinois du choix entre le ripoulé et le pornouilles ! Vous m'avez déjà fait le coup à l'aller ! Oui bon ok, la question était sensiblement différente :

- Pornouilles ou ripoulé ?

Elle est donc là mon angoisse. Transférée sur ce moment tant redouté du choix entre la peste et le choléra version plateau de repas aérien. Ce sempiternel menu, identique d'une compagnie chinoise à l'autre, ce jour sans fin que des milliers de passagers subissent dans les cieux chinois sans que personne ne fasse rien, et vous aurez beau tous les essayer, ils sont tous pareils, aucune variante, d'ailleurs les viandes sont souvent interchangeables. Ok, c'est visiblement animal, mais de là à appeler ça du poulet. Du poulé peut-être. Avec du ri.

Posté par camillenchine à 00:20 - Miam miam - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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