26 juillet 2008
Même pas mal

Attention, un intrus s'est glissé dans cette image. Saurez-vous le retrouver?
Facile !
Philippe Richard, le Chantal Goya des petits Pékinois, n'est pas homme à se laisser abattre. Même par une bande de cinq fuwawa* enragées. Animateur, chanteur pour enfants, ce Français de Pékin de longue date est certes le premier - voire le seul - chanteur français (et étranger se plait-il à rappeler) à pousser la chansonnette dans la langue de Mulan, sur le sol chinois. Gravement enfuwawaté, il semble être tombé dans la marmite de la grande lessive des cerveaux, et ne s'est pas fait prier (ni payer) pour composer, interpréter et enregistrer à ses frais, un hymne à la JO(ie), intitulé "L'année 2008, ma fierté pour toujours". Quand on aime, on compte pas.
ONE WORLD, ONE
DREAM
Tong yi ge shijie, tong yi ge mengxiang
UN MONDE, UN REVE
Tong yi ge shijie, tong yi ge mengxiang
lalalalala
Le gouvernement chinois, dans sa grande reconnaissance et sa grande bonté, ne l'a pas autorisé en échange de cette publicité gratuite, à enregistrer son vidéo clip où il voulait (en haut d'un immeuble surplombant la ville), lui qui a en outre, été désigné responsable des annonceurs en langue française pour les jeux. Quand on aime, on pardonne. (Moi je dis, le canard laqué a parfois une gueule de dindon farci. Bref)
Qu'à cela ne tienne, Philippe a kidnappé cinq petits nenfants chinois (euh ... Philippe, les fifilles ne sont-elles pas très peu représentées dans ton casting ? hmm ? c'est une affaire de mec la chansonnette fuwawa ?) pour les faire poser dans son clip.
Et si ce tube vous casse la tête, j'ai un remède imparable : le sparadrap fuwawa. Invention géniale des laboratoires Johnsons qui sonnera le glas de la cerise peinte au mercure au chrome, le sparadrap fuwawa guérit tous les bobos ... attention, pour certains, il est cependant peut-être trop tard. En vente chez Watsons.
*mascotte des JO
23 juillet 2008
Un Chimulus sinon rien

Les plus observateurs auront sans doute remarqué une nouvelle adresse dans mes liens "Je lis aussi".
Comme Chimulus le dit si bien sur son site internet, "un bon dessin vaut mieux qu'un long discours". Dessinateur de presse, Chimulus sévit sur de nombreux supports et son humour de comptoir sans dentelle me va droit aux zygomatiques.
Chimulus avec le 'tit café du matin, c'est une journée qui commence bien !
Je vous conseille ses blablas de zinc.
15 juillet 2008
Lou et le hibou
Par une belle après-midi ensoleillée, je décidai de partir vagabonder du côté de Nanluoguxiang, hutong rénové devenu le Marais de Pékin, la rue Mouffetard de la capitale chinoise, la place des Abbesses version pékinoise, bref la rue bobo des Pékinois, terrasses de cafés parisiens et effluves de marché bio en moins.
Entre les magasins d'attrape touristes, se sont installés de vrais créatifs, dont Lou, une jeune designer de 27 ans, qui a ouvert boutique il y a deux mois.
Quand je suis entrée dans son magasin la première fois, j'avais déjà deux robes à mon actif, dénichées chez sa voisine shanghaïenne. C'est donc alourdie d'un pesant sentiment de culpabilité que je compris néanmoins assez rapidement que j'étais sur le point de commettre d'autres achats tout à fait inutiles et culpabilisants, et donc fort jouissifs.
Je déteste "faire du shopping". C'est une activité qui me demande de tels efforts de concentration que ça me fatigue rien que d'y penser. Réfléchir à une liste. Choisir un quartier. Puis entrer dans les magasins. Repousser de façon la moins froide possible les vendeuses qui vous suivent comme votre ombre en vous indiquant des articles aux antipodes de vos goûts, voire aux antipodes de ceux de votre mère (c'est vous dire), inspecter d'un air faussement intéressé les rayons qui portent cent fois le même vêtement, d'une année sur l'autre, surmonter l'épreuve de l'essayage, et les regards (dont le votre) dans le miroir comme par hasard ce jour-là déformant, tout reposer dans le premier rayon qui passe (qui peut se trouver être celui des survêtements enfants), se rabattre sur une serpillère H&M que vous ne porterez jamais, bref, c'est l'horreur. Taux d'erreur 99%. Indice de déprime, + 12.
Les feignasses du shopping comme moi préfèrent "l'achat d'intuition". Je flaire qu'un magasin a des choses intéressantes. J'y entre. Un ensemble de critères très subjectifs et non identifiés m'indiquent qu'il y a, dans un périmètre de trois ou quatre mètres, au moins une chose avec laquelle je vais repartir. Je fonds dessus comme un hibou sur son mulot. Les hiboux sont comme ça. Ils repèrent des mouvements qui ressemblent à des déplacements de mulots, se dirigent vers eux, et ne prennent connaissance de leur proie qu'au moment même où véritablement ils s'en saisissent. Et voilà. Taux d'erreur 3%. Ceci n'est possible bien évidemment que dans les magasins qui dégagent vraiment quelque chose de particulier, sinon le radar, ben, il marche po. Bref. Vous avez compris la non technique.
Donc quand je suis entrée dans le magasin de Lou, j'ai d'abord vu ses cheveux. Il faut dire qu'elle était assise derrière sa caisse enregistreuse, et qu'il était difficile de ne pas remarquer sa longue chevelure bouffante, aussi bouffante que la robe de sa création exposée dans la vitrine. Je lui ai rapidement dit que j'aimais beaucoup ses cheveux. Ce que lui a dit également la cliente d'après, et là je me suis dit, purée on doit vraiment la gonfler avec sa chevelure bouffante. Sauf que moi, je ne me suis pas permis de joindre le geste à la parole, contrairement à cette autre cliente qui s'est empressée de toucher ses boucles, comme si elles étaient elles aussi en vente entre deux shorts. Les gens sont parfois d'une grossièreté qui me dépasse. Puis Lou s'est levée, et dépliant ses grandes jambes de girafon, nous a imposé son côté OVNI que ses cheveux à la Pretty Woman trahissaient déjà. C'est assurément une très jolie fille. Je vous déconseille très fortement d'aller chez elle avec votre Jules, surtout si votre couple est faiblard.
Le radar du hibou chez Lou est d'autant plus efficace que le vêtement est rare. Pas d'interférences entre les ondes. La petite robe noire n'a donc pas résisté longtemps, ni même un ou deux colliers ... Lou ne vous colle pas aux talons pendant vos recherches de déplacements de mulot, vous respirez. Elle parle un anglais courant quasiment sans accent, qui m'a fait lui poser quelques questions sur ses origines et son parcours, et même plus.
Suite au prochain numéro !
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