noixCocoParapluie   

(bruit du vent dans le couloir vide de mon blog)
(voix qui déraille comme quand on vient de passer le dimanche en pyjama sans parler à personne et qu'à 18h33 le téléphone sonne et qu'on prononce son premier mot depuis 24 heures)
(vide dans ma tête, euh ... de quoi-t-est-ce que je vais parler ?)
(Séisme ? trop triste, trop dur. JO ? nan, nan, nan et nan. Fuwawa ? déjà fait. My life ?)

Je viens de temps en temps sur ce blog à l'abandon, je l'ouvre une minute et puis je le referme en laissant échapper un long soupir de tristesse, me remémorant ses années folles, celles où les posts se bousculaient, où les commentaires pleuvaient, où j'avais des choses à raconter et du temps pour le faire.

Et puis un jour on se remet sur le module de Canalblog et on se dit "bon, tu te débrouilles comme tu veux, tu parles de l'indice Nikkei, du tour de ventre de Britney Spears, de ta vaisselle de ce soir, ou de la dernière rupture de George Clooney (non, vous ne rêvez pas, George est à nouveau célibataire, il continue son étude comparative des serveuses des années 2000. A croire qu'il passe sa vie dans les restaurants et les bars. A moins qu'il soit tout simplement mono-maniaque. Enfin bref il est quand même toujours aussi beau et de plus en plus intelligent, on lui pardonne ce qui nous fait fuir chez tous les autres ... bon en même temps c'est pas moi qui ai dit que la femme était un être logique), donc tu fais comme tu veux mais tu me ponds un post ce soir sinon ça va chauffer.

Depuis mon dernier post j'ai quitté plusieurs fois Pékin, ai dormi 6 heures par nuit (quand il m'en faut bien 8 pour arriver à reconnaître ma soeur) et dernièrement je suis partie me les geler à Hong Kong. C'est un fait peu connu mais les Hongkongais ne sont pas des gens constitués comme les communs des mortels. Leur température intérieure est proche de 60 degrés ce qui fait qu'ils sont obligés d'adapter leur environnement à cet état de fait. A Hong Kong, où il fait actuellement environ 30 degrés en extérieur, vous passez votre temps à vous demander comment faire pour éviter tous ces endroits intérieurs où vous savez que vous allez vous les geler jusqu'à l'os, même si la graisse qui sépare votre peau de vos os, et suffisamment épaisse pour vous obliger à vous mettre au régime vous et votre famille toute entière. Le problème c'est qu'à moins d'être un sans-abris ou un agent de la circulation (les deux sont inexistants à Hong Kong), vous rentrez parfois dans des bâtiments.

D'abord votre visage est fouetté par un vent polaire, tout votre corps se fige comme un miko, vos yeux sortent de leurs orbites, vous vous demandez si vous êtes en train de faire un cauchemar, vous, transformée en crevette mise au frais pour le service du soir. Comme plusieurs heures de réunion s'annoncent (vous êtes en réunion, avec des gens, tout ça tout ça), vous observez les autres, et guettez un signe d'angoisse qui vous ferez penser que non vous n'êtes pas seule sur cette banquise, que d'autres crevettes sont comme vous en panique, bref vous cherchez du réconfort. Vous remarquez une chair de poule un peu plus loin et risquez un "euh ... excusez-moi de vous demander pardon mais serait-il possible éventuellement si toutes les crevettes sont d'accord que nous réglions la température de cette glacière salle afin qu'éventuellement elle atteigne au minimum les 15 degrés, parce que 12 en fait, c'est quand même pas beaucoup, surtout quand on bouge pas, en fait, pardon pardon".

Acquiescement des crevettes non hongkongaises, qui pourtant avaient prévu le truc contrairement à vous, et vous remercient derrière leur cache-nez. Les crevettes hongkongaises quant à elles, vous regardent comme si vous veniez de déclarer à l'assemblée que vous aviez l'intention d'enlever un enfant avant ce soir et d'en tuer trois dans la foulée. Vous êtes un monstre.

L'amitié Pékino-Honkongaise ne passera pas par les tuyaux de la climatisation.

Enfin bref, tout ça pour dire que j'ai rien à dire, mais que c'est pas pour ça que je dirai rien.