Depuis une semaine environ, le ras-de-marée a commencé. Dans le hall de l'immeuble de mon bureau, ils ont planté un specimen de sapin des Vosges en plastique, orné de boules rouges et argentées. A ses pieds un Père Noël nain de 1,20m, brave les courants d'air et ramasse la poussière de 2007, qui viendra s'accumuler à celle de 2006, déjà épaisse sur celle de 2005. Le Père Noël n'est pas passé au pressing Fornet, les poils blancs de sa barbe et de son manteau ne sont plus blancs depuis longtemps, ils sont plutôt couleur charbon, couleur traffic pékinois, couleur chantier. Qu'importe.
Donc tous les matins, nos regards se croisent, nous nous plaignons mutuellement. Moi de son état de crasse, lui de m'en imposer la vue. Et s'il n'y avait que la vue.

I wish you a merry Christmas, I wish you a merry Christmas, I wish you a happy Christmas and a happy new yeaaaaar.

Ou bien,

Jingle bells, jingle bells, jingle all the way, Oh what fun it is to ride in a one-horse open sleigh, O ...

AAAAAAAAhhh Stooooop !

Tous les transistors de tous les magasins sont bloqués sur les chants de Noël, il y a même des gens qui se les mettent en sonnerie de portable, si !
L'autre soir, alors que je faisais la queue à une caisse, un jeune couple derrière moi s'amusait à prononcer chacun leur tour ... Christmas !

Lui : Klissmeusse !
Elle : mais non, Klaïzmasse !
Lui : Kliss-meusse !
Elle : mais non je te dis, Klaïz-masse !
Lui : ah ah ah
Elle : hi hi hi

J'élabore des plans dans ma tête, moi en train de leur casser un sapin et ses boules sur la tête, à moins que je choisisse une bûche et ses pères Noël bucherons plantés entre deux champignons meringue ?

N'allez pas déformer mes propos, j'adore Noël. Simplement l'idée que toutes ces guirlandes vont faire partie de notre décor jusqu'au mois d'avril (oui, ici, elles survivent même au Nouvel an chinois !), ça me fout le bourdon.