28 novembre 2005
Les voisins
C'était ce soir, vers 20h30, je venais tout juste de m'installer avec mon plateau repas, devant Eternal Sunshine of the Spotless Minds (très bon film en passant), quand le carillon (assez prétentieux on peut le dire) qu'a fait installer ma propriétaire à ma porte d'entrée, se mit à chanter une petite sonate de Beethoven. C'était la première fois que je l'entendais sonner "pour de vrai", et c'est à ce moment-là que s'est concrétisé pour la première fois dans ma tête, le mot "chez moi". Mais qui sonne chez moi ? Qui peut bien savoir que j'habite ici et me rendre visite alors que je n'ai toujours pas décidé dans quel sens positionner cette foutue table de salle à manger en verre avec ses magnifiques chaises orange ?
Je mets le film en pause, et vais ouvrir. C'était mes voisins. Un homme, sa femme, et une adolescente. Ils étaient très souriant, et tous les trois très beaux. Ils m'ont demandé en anglais si j'habitais là, et m'ont dit qu'on était voisins, que si j'avais besoin de quelque chose je ne devais pas me gêner de le leur demander. Et puis ils m'ont offert des cadeaux. Des cadeaux mongols. Et là, j'ai craqué. Des voisins mongols. Des voisins mongols qui font comme les mongols que j'avais rencontrés sous les yourtes il y a deux ans, qui ouvrent leur porte en grand, m'offrent à manger, et insistent pour que je passe chez eux quand je veux. Et je suis sûre que si j'y vais demain soir après le boulot avec des chocolats et une bouteille de vin, je passerai toute la soirée chez eux à parler de la Mongolie, de la steppe et des chameaux, peut-être même je pourrai leur montrer mes photos.
J'ai repris mon film en dégustant du fromage mongol, et j'étais loin d'imaginer que ma soirée se terminerait comme ça.
Je sais bien qu'en Mongolie on entre sous la yourte sans frapper car le visiteur est toujours le bienvenu, mais quand même, bientôt, j'irai frapper à leur yourte.
27 novembre 2005
Horse riding
Au
programme ce dimanche, petite balade à cheval, à une centaine de
kilomètres au nord de Pékin. Départ en voiture avec ma copine Vanessa,
le chauffeur emprunte l'autoroute, roule à 100km/h, s'arrête au péage,
ne dit pas bonjour ni merci ni aurevoir à la guichetière, et une heure
après, nous voilà arrivées à la Kangxi horse farm.
Un endroit tout plat, monochrome et tout sec, où nous allons monter à cheval, qima, pendant deux heures environ.
Ma jument était bien docile et répondait bien à mes tiaaa tiaaa!
pour la faire trotter. Et son poulain nous suivait sans cesse, affamé,
et volait quelques tétées dès que je m'arrêtais. Trop mignon.
Pour
déjeuner, le chauffeur nous a emmenées chez une dame très sympathique
et accueillante, qui nous a installées dans sa cuisine aux couleurs
très vives. Nappes, posters, coussins ... Et le repas était fameux,
plusieurs plats de légumes, du riz bien collant comme j'aime, de
l'omelette à l'oseille miam miam, du tofu (un peu crâmé) et du thé pour
faire passer tout ça !
Avant de partir, notre hôte nous fait visiter la pièce où se trouve le dakang,
le grand lit familial, chauffé à la brique. Huit personnes peuvent y
dormir serrées les unes contre les autres. Il y a une petite ouverture
vers le sol, par où l'on passe les briques réchauffées dans le feu.
C'est un peu rudimentaire, et on imagine que cela doit être un peu dur,
mais il y avait quelque chose de très chaleureux dans cette pièce.
Peut-être était-ce le déjeuner, ou la décoration kitch et très colorée.
C'était en tout cas, une journée basée sur la nature et la simplicité, comme je les aime !
25 novembre 2005
Matin
7:30, le soleil se lève sur les chantiers, bonne journée à tous !
24 novembre 2005
Retour du supermarché
Je piaffais déjà depuis hier soir, à l'idée de ma première soirée
je-me-fais-la-cuisine-toute-seule-dans-ma-cuisine-toute-bleue. Toute
excitée d'utiliser mon nouveau cuiseur vapeur Tefal, devant lequel je
suis restée figée hier soir, au Pacific Plaza : cher cuiseur vapeur
Tefal que j'avais abandonné il y a trois semaines,
pensant
ne jamais le revoir avant, avant ... Mais si, merci la mondialisation
et la modernisation de la Chine, une blonde peut vraiment retrouver
tous ses petits ustensiles de cuisine pour cuisinières flemmardes et
soucieuses des apports nutritionnels des aliments.
Donc, ce soir, en
sortant du bureau, je me suis précipitée au Monop du coin, comme Pinocchio au Pays des Jouets. L'objectif étant de faire
des munitions de jiaozi, c'est à dire de remplir le congélateur de raviolis surgelées. Miam miam, les jiaozi, c'est mon gloubiboulga à moi, mieux vaut ne pas m'en voler dans mon assiette.
Et
comme un rien m'amuse, j'ai fait durer le plaisir avant d'atteindre le
rayon magique des surgelés. Le temps d'acheter des victuailles tout à
fait indispensables, telles que du ketchup, de l'huile d'olive ou des
biscuits au lait Hello Kitty (hum, toujours cette foutue maladie de
Peter Pan, penser à acheter une tisane pour soigner ça)
J'ai aussi
acheter ce qui va probablement causer mes premiers problèmes de
surpoids, les Donettes au chocolat. Mes mains tremblent et j'ai des
sueurs rien que d'en parler. Probablement les meilleurs gâteaux au
chocolat sur Terre, le genre de sucreries affreusement
délicieuses, quand on ouvre le paquet on le jette cinq minutes après,
pour seulement 30 centimes d'euros.
Une fois de plus Biba va me manquer, je vais sûrement en avoir besoin pour des conseils de régime.
Mais
le plaisir fut vraiment total lorsque le DJ du magasin a passé ma
chanson préférée : "Hélène". Hélène, je m'appelle Hélène, je suis une
fille, comme les auuuuuutreuh. Allez savoir pourquoi les chinois
adorent littéralement cette chanson et la connaissent par coeur ... Il
faut dire qu'ils la fredonnent depuis quinze ans. Penser à leur parler
de Benjamin Biolay.
De retour à la maison, plus question de faire durer le plaisir, je dégaine le cuiseur, enfourne les jiaozi en croisant les doigts qu'elles ne soient pas fourrées aux crevettes de cent ans ou aux tripes de chat.
Et ce fut un pur régal, pour 40 centimes d'euros.
Bon appétît, manman chi !
22 novembre 2005
Ce qui manque ici quand on est blonde
Et pour répondre à ta question Lolo, sur ce qui me manque ici ... à part vous (merci le film, que je me suis déjà passé une fois pour revoir vos bouilles) et bien c'est terrible à dire mais ce ne sont que des trucs débiles ! Parce qu'en fait, ici il y a absolument tout ... à part les Tampax, ma crème de jour Evian, et mon shampoing Jacques Dessange bouchon rouge, pardon pour ces détails de salle de bain ... (mais j'ai mes fournisseurs privés)
J'avoue que le 15 novembre dernier j'ai eu une pensée émue pour
Biba, que je lie assidument depuis des années (mais non, ne partez pas les mecs), ma bulle divertissante mensuelle. Je me sens un peu perdue sans mon Biba, je ne sais plus ce qui
est fashion, ce qui ne l'est plus, le must-have et le must-dump, et
puis aussi l'horoscope ... ma vie est foutue !
Me
manque aussi ma copine et prêtresse de la mode, Carrie Bradshaw,
trois semaines que je n'ai pas pris un pot avec elle et ses copines de
Manhattan, c'est tout juste si je me souviens de la tête de Mister Big
... quel drame.
Si je n'ai pas réussi à faire fuir tout mon lectorat masculin juste avec ce post ...
Vite se rattraper au prochain article.
Une journée type
A la demande de Lolo, voici comment se passe une journée type en semaine. 
Je
me lève un petit peu avant 8h, et la première chose que je fais, c'est
allumer mon ordinateur pour checker mes mails, mon blog et lemonde.fr.
Après je prends mon petit déj, du thé avec des tartines de pain de mie
à la confiture de pommes (très bonne) Ensuite, je prends ma douche
et je pars au boulot vers 9h, 25 minutes de vélo pour arriver à l'hotel
où se trouve mon bureau, non sans quelques bons
embouteillages de vélos, voitures, camions, bus, il vaut mieux avoir
des yeux tout autour de la tête si on veut arriver entier ! Je badge,
bip, et là commence une journée de travail.
Le midi je vais déjeuner avec mes collègues dans les resturants des environs, pour 1,50 euros maxi.
A 18h30 environ, la journée est terminée, je reprends mon vélo et je
rentre à la maison. Le retour en vélo le soir est clairement le moment
le plus dangereux de la journée. Faire du vélo la nuit est assez
risqué, les chinois conduisent comme des manches mauvais conducteurs, et il n'y a pas de
lumière sur les vélos, donc il faut vraiment faire attention. Les
voitures sont de toute façon prioritaires sur tous les autres véhicules plus petits qu'elles
et les piétons (le piéton n'a aucune priorité).
Et là, suivant le
programme de la soirée, soit je cherche un restaurant pas loin pour dîner,
soit je vais rejoindre des amis. Je ne suis pas encore équipée pour me
faire la cuisine à la maison, mais il va falloir que je m'en occupe,
parce qu'il comnence à faire bien bien froid le soir, et sortir dîner
n'est pas toujours une partie de plaisir.
Voilà, ensuite je me
connecte une dernière fois pour checker mes mails, mon blog et les
actus, et je m'endors assez paisiblement, en me disant que cette
journée est passée bien vite, et que je n'ai pas fait ci, je n'ai pas
fait cela ...
21 novembre 2005
5 masquottes pour les JO 2008
Elles sont pas mimis ?

Si on prend les premières syllabes de leurs noms, ça fait "Beijing huanying ni" : Bienvenue à Pékin !
En savoir plus
19 novembre 2005
Les rockers chinois sont gentils
Ca date maintenant, c'était il y a quinze jours. Mon premier concert de
heavy metal chinois, mon premier concert de heavy metal tout court. Et
courts les cheveux ne l'étaient pas, ils étaient même très très longs !
Et tout raides, et ils volaient dans tous les sens, enfin pas vraiment
dans tous les sens. Ils faisaient des cercles pendant toute la durée
des chansons. J'ai mal en pensant à l'état du cerveau, il devait être
un petit peu décroché au bout d'un moment, non ?
Et puis ils ont
fait le truc là, quand ils se jettent les uns sur les autres, et ils criaient très fort, ils faisaient des signes avec leurs doigts vers
la scène et ils avaient tous l'air de comprendre. L'ami américain qui
m'avait traînée là me disait qu'il ne m'aurait jamais emmenée dans un
concert comme ça aux Etats-Unis, que je n'en serais pas ressortie entière.
J'avais juste l'impression d'être entourée d'aliens. Mais d'où
sortent-ils ? On ne les voit pas dans la rue, ces chinois-là, avec des
looks d'enfer, des vraies gueules de mauvais garçons, les cheveux
jusqu'à la taille.
Et surtout, qu'est-ce-qui fait qu'ils ont l'air si gentils ? Déphasés, mais tellement gentils ... ça reste à découvrir.
18 novembre 2005
Mon nouveau chez moi chinois !
Et
voilà, après deux semaines passées à vitesse grand V, avec un nouveau
boulot, un nouveau blog (Blogspirit ne marche pas en Chine allez donc
savoir pourquoi), de nouveaux collègues de travail, une nouvelle façon
de manger, de se déplacer, bref une nouvelle vie, il fallait bien que
je cherche un nouveau chez moi chinois. Comme d'habitude je me suis
décidée assez rapidement, après en avoir visité seulement deux !
On
peut dire que j'ai eu the coup de foudre ... bon comme c'est un peu
grand pour moi toute seule (116m2), j'ai décidé de poursuivre la colloc
avec mon précédent colloc.
Ce que j'aime entre autre
ici c'est la hauteur : 15ème étage, pas de bruit de circulation, ni
surtout, de bruit de chantier, car les chantiers ne s'arrêtent pas la
nuit. Et puis la vue, sur Pékin qui se construit.
La signature du
bail était assez folklo : ici on signe un contrat comme en France, d'un
an renouvelable, avec tous les détails de l'appart, plein de blabla. Et
puis on paye cash trois mois de loyer, et un mois en plus pour la
caution. Ca en fait des billets sur la table ! Et il y en avait du
monde ! La fille de la proprio et une copine, l'agent immobilier et un
copain. Après qu'elle ait bien tout compté, la proprio a donné une
liasse de billets à l'agent immobilier. Et voilà, affaire conclue. Me
voilà ici pour au moins un an. Je continuerai d'aller au boulot à vélo
mais je mettrai un peu plus de temps qu'avant, dans les 20/25mn. Et
puis j'irai recharger ma carte du compteur électrique à la banque, sans
chercher le rapport.
Deux minutes, top chrono
Comme
l'appart est tout neuf il n'y avait pas encore de ligne de téléphone ni
d'ADSL. Alors la proprio a fait venir monsieur Modem pour m'installer
tout ça. Je ne vous mens pas, le type est resté deux minutes top chrono !
Il a allumé mon ordi, clic! clic! clic!, pas la peine de lui traduire les
icônes nommées en français, il connait tout par coeur monsieur Modem
chinois. J'ai failli lui sauter au cou tellement je trouvais ça
extraordinaire, mais il n'aurait pas compris. Emballé, c'est pesé ! Quand
je pense que j'avais attendu trois semaines pour recevoir mon pack
Cegetel, et encore une semaine avant que ça fonctionne, sans compter
les coups de fils au service clientèle qui ne comprend rien et te sert des
"Madame Levert" à chaque virgule, bref ça m'avait bien pris un mois
pour avoir internet à Paris.
Ici, il n'y a vraiment qu'à vélo que tu vas lentement, pour éviter les accidents.
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