C'était ce soir, vers 20h30, je venais tout juste de m'installer avec mon plateau repas, devant Eternal Sunshine of the Spotless Minds (très bon film en passant), quand le carillon (assez prétentieux on peut le dire) qu'a fait installer ma propriétaire à ma porte d'entrée, se mit à chanter une petite sonate de Beethoven. C'était la première fois que je l'entendais sonner "pour de vrai", et c'est à ce moment-là que s'est concrétisé pour la première fois dans ma tête, le mot "chez moi". Mais qui sonne chez moi ? Qui peut bien savoir que j'habite ici et me rendre visite alors que je n'ai toujours pas décidé dans quel sens positionner cette foutue table de salle à manger en verre avec ses magnifiques chaises orange ?

Je mets le film en pause, et vais ouvrir. C'était mes voisins. Un homme, sa femme, et une adolescente. Ils étaient très souriant, et tous les trois très beaux. Ils m'ont demandé en anglais si j'habitais là, et m'ont dit qu'on était voisins, que si j'avais besoin de quelque chose je ne devais pas me gêner de le leur demander. Et puis ils m'ont offert des cadeaux. Des cadeaux mongols. Et là, j'ai craqué. Des voisins mongols. Des voisins mongols qui font comme les mongols que j'avais rencontrés sous les yourtes il y a deux ans, qui ouvrent leur porte en grand, m'offrent à manger, et insistent pour que je passe chez eux quand je veux. Et je suis sûre que si j'y vais demain soir après le boulot avec des chocolats et une bouteille de vin, je passerai toute la soirée chez eux à parler de la Mongolie, de la steppe et des chameaux, peut-être même je pourrai leur montrer mes photos.

kdomongolsJ'ai repris mon film en dégustant du fromage mongol, et j'étais loin d'imaginer que ma soirée se terminerait comme ça.
Je sais bien qu'en Mongolie on entre sous la yourte sans frapper car le visiteur est toujours le bienvenu, mais quand même, bientôt, j'irai frapper à leur yourte.